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mercredi 19 mai 2010

Valse avec Bachir : Souvenir, souvenir.


Comment peut on oublier un massacre ? C'est la question que se pose Ari Folman lorsqu'on lui demande ce dont il se souvient de la fin de la guerre du Liban, et plus précisément de l'épisode sanglant qui a eut lieu dans les camps de Sabra et Chatila en 1982. Au fil des rencontres et des interviews, il parviendra à retracer son parcours qu'il met en scène dans ce "documentaire d'animation".

Rares sont les longs métrages d'animation traitant d'un sujet un tant soit peu "sérieux", les plus emblématiques étant peut être Le Tombeau des lucioles, chef d'oeuvre d'Isao Takahata sorti en 1982, et, plus récemment, le très beau Persepolis de Marjanne Satrapi et Vincent Paronnaud (2006). Il est donc étonnant de voir un sujet aussi sombre et complexe que la Guerre du Liban être traitée par animation. En effet, le film de Folman tire tellement sur le documentaire (présentation des intervenants, témoignages sur fond neutre, travail d'enquête et de documentation) qu'il est naturel de se demander pourquoi ne pas en avoir jouer la carte "à fond". Au delà de l'évidence du choix pratique comme la mise en scène (les passages présent/passé, les passages imaginaires, la lourdeur d'une équipe technique) ou l'esthétique (le floutage - cf "l'interdiction" de photo d'un des protagonistes - aurait fait mauvais genre), les intentions du réalisateur semblent se pencher sur un choix éthique.

En effet, l'éthique (de la guerre ou du témoignage, c'est à dire son objectivité) semble traverser l'oeuvre. Comment sur un sujet qui, près de trente ans après, est toujours plus ou moins sensible pouvons nous, spectateurs et surtout occidentaux coupés du véritable conflit, croire un ancien soldat converti au 7eme art ? C'est là qu'est le génie de Folman. Il nous demande jamais de croire, il expose. Il expose les faits comme il les a lui vécu, comme l'ont vécu ses frères d'arme, comme l'a vécu un présentateur TV ou un soldat qui lui est parfaitement inconnu. Des témoignages donc et non la vérité, seulement les faits derrière le voile de la subjectivité.
Le choix de l'animation et le recul que l'on prend par rapport aux images (le choix d'une animation bien que très belle mais aussi très spéciale et un peu hermétique n'y est pas pour rien) dans ce cas précis sont à mettre en corrélation avec de nombreuses récurrences sur la mémoire et sa falsification. L'ami psychiatre ne prend il pas le temps d'expliquer l'expérience de la photo faussée ? Le narrateur, loin d'être omniscient, n'invente-il pas lui même un fait, cette sortie de la mer "now apocalyptique" ? Même d'infimes détails sur la perception sont mises à l'oeuvre pour nous pousser vers cette voie : la vision altérée à travers le judas, les doubles tremblant des chiens dans les flaques, l'apparition d'une fête foraine d'on ne sait où derrière Folman pendant l'anecdote psychanalytique...

Reste un film de guerre remarquable où les scènes de complète introspection et celle d'action pure s'entrechoquent au rythme d'une B.O. mêlant rock 80s, reprise à la sauce No Future, et de musique plus classique. Ce témoignage, certes à prendre avec des pincettes, offre à travers la petite histoire un brossage efficace de la grande, de la peur des uns et de la souffrance des autres, de la compassion de plusieurs et de la barbarie de beaucoup d'autres.

En résumé : Ari Folman signe avec Valse avec Bachir une oeuvre profonde sur un épisode tragique de la guerre du Liban tout en mettant en garde sur la subjectivité d'un tel témoignage, à l'aide d'une animation soignée.
****
"As-tu des flashbacks du Liban ?"
*S.M.*

dimanche 18 avril 2010

Les plus courtes #3 : Foutaises.

Court métrage plus léger cette semaine avec Foutaises de Jean Pierre Jeunet.



En 1990, Jean Pierre Jeunet, réalisateur de plusieurs courts, s'attaque à la réalisation de Foutaises dans lequel Dominique Pinon, grand acteur à la sale gueule abonné aux films du cinéaste, énumère sans ordre précis tout ce qu'il aime ou non dans la vie.

Jeunet, à travers ce scénario de quelques lignes (une pour chaque idée, à vrai dire), nous offre un condensé de sa future carrière : un personnage commun, donc forcément un peu barré, aux préoccupations ordinaires (le coup de la goutte) mais dont la naïveté attendrissante cache quelque chose de plus profond (le questionnement sur la mort par exemple). C'est le bonheur quotidien des classes populaires (la petite folie du départ en vacances) que nous montre ici le réalisateur, un monde faussement enfantin, à l'instar de cette petite fille jouant sur un graffiti de pénis. Il y a quelque chose de Jaques Tati dans cette oeuvre, un Tati un peu désabusé, s'efforçant de gratter sous l'aspect morose des choses pour y découvrir de la bonté. Certaines séquences comme les enfants au parc ou la ballade des chiens font irrémédiablement penser à Mon Oncle.
Foutaises montre aussi le talent du réalisateur pour les décors, pour créer un univers visuel fort (le magnifique générique) et pour une réalisation qui peut sembler anodine mais juste et recherchée (les travellings, les cadrages, les inserts) ainsi que celui de Marc Caro (futur co-réalisateur de L'île des enfants perdus et de Delicatessen) pour le sens du rythme, vif et précis.

Ce court métrage sera lauréat de plusieurs prix, dont le César du meilleur court métrage 1991, ce qui lancera la carrière de Jean Pierre Jeunet vers de long métrages et l'idée du j'aime/j'aime pas (qui, à l'air Facebook et autres Twitter, trouve une nouvelle résonance) sera repris dans le grand succès Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain.
*S.M.*

samedi 20 mars 2010

Les plus courtes... #1 : Un Chien Andalou.

Les Esprits Critiques inaugure un nouveau rendez vous - que l'on pense être - bimensuel : Les plus courtes...
Ces notes auront pour vocation - en toute modestie, bien sûr - de faire (re)découvrir un court métrage réalisé par un grand réalisateur ou votre voisin (n'hésitez donc à nous envoyer vos liens), accompagné d'une courte "analyse".

Cette semaine donc, Un Chien Andalou de Luis Bunuel (1929).
Attention, le film peut choquer...

Véritable étrangeté dans le monde cinématographique, Un Chien Andalou est le premier film du fameux Luis Bunuel, co-scénarisé par l'artiste surréaliste Salvador Dali et réalisé en France en 1929.

Ce film de 16 minutes est une véritable expérience, une oeuvre d'art qui n'a pas de précédent au cinéma. Imaginé en seulement une semaine, le scénario, légèrement parodique de la narration classique (les cartons, le balcon, le couple et la Lune, clichés du film romantique), n'offre pas d'histoire plausible ou même explicable. On peut, à la limite, penser que nous suivons un homme surmontant divers obstacles pour retrouver sa bien aimée. Cependant, comme semble l'indiquer le coup de rasoir dans l'oeil, Bunuel (c'est lui qui tient le rasoir) nous invite à changer de regard face aux images qui vont suivre, de quitter une vision classique.
Ainsi les artistes nous offrent diverses images (dont quelques fuites des oeuvres de Dali), toutes plus incohérentes et folles que les autres : un âne mort sur un piano, des seins se transforment en fesses, des fourmis plein le bras (comme l'expression ?), les personnages empruntant une porte qui donne sur la même pièce... Et pour cause, les seuls restrictions que se sont donnés les auteurs étaient l'absence total de sens.
Bunuel explique :
Nous travaillions en accueillant les premières images qui nous venaient à l’esprit et nous rejetions systématiquement tout ce qui pouvait venir de la culture ou de l’éducation. Il fallait que ce soient des images qui nous surprennent et qui soient acceptées par tous les deux sans discussion.
C'est pourquoi, le film ressemble à un doux cauchemar, à un rêve horrible, se rapprochant plus d'un cadavre exquis que les films habituels de l'époque, Bunuel reniant toute les interprétations possibles. Le film reste en outre, encore aujourd'hui, un fabuleux et virulent manifeste à l'imaginaire débridé et à la liberté artistique.

Vu l'année, l'accueil fut étrangement très bon (si on met de côté les évanouissements, les avortements et les quelques 50 dénonciations à la police) ce qui déplut fortement aux deux artistes qui prirent cette gloire comme l'acclamation "d'un public abruti par les revues et "divulgations" d'avant garde, qui applaudit par snobisme tout ce qui semble nouveau et bizarre."
Ce court métrage fera connaitre les auteurs au mouvement surréaliste de Breton, Man Ray et Aragon et lancera la longue carrière cinématographique de Bunuel.
Sources :

*S.M.*

mercredi 10 mars 2010

Vilaine : l'Effroyable Destin de Mélanie Lupin.

Nathalie, jeune fille naïve, sensible et au physique plutôt ingrat, attend depuis longtemps le prince charmant. Elle n'hésite donc pas une seconde à déclarer à tout le monde qu'un bel anonyme lui propose via Internet de la rencontrer le soir de la Saint Valentin. Son bonheur sera réduit en cendres lorsqu'elle découvrira que sa cousine, belle et populaire, a monté ce rendez vous avec deux de ses amies afin de la ridiculiser. Mélanie décide alors de quitter sa réputation de "bonne poire" et devenir Vilaine, une femme assumant son physique, prête à tout pour se venger.

Vilaine, premier long métrage du duo Jean-Patrick Benes et Allan Mauduit, aborde le thème moult fois abordé de la revanche d'une pauvre fille sur son entourage très très méchant mais en y apportant le plus de la parodie, celle du Fabuleux Destin d'Amélie Poulain, film extrêmement populaire de Jean Pierre Jeunet, et du conte moderne à la Cendrillon. En effet, de la campagne publicitaire à la photographie en passant par le narrateur, les auteurs/réalisateurs ont voulu ainsi faire une anti Poulain. Mais cette bonne idée tourne vite, après quelques minutes, au clin d'oeil un peu forcé.
Mettant en scène des humoristes bis de la télévision (Frédérique Bel de la Minute Blonde, Thomas Ngigol du Jamel Comedy Club, PEF des Robins des Bois) et du cinéma (Marilou Berry et Joséphine de Meaux de Nos Jours Heureux, film devenu légèrement "culte") avec plus ou moins de réussite, le film s'avère drôle et frais avec un humour faussement grinçant mais tombe peu à peu dans piège des pitreries ne soulevant que difficilement un sourire et de la mièvrerie insupportable, sans oublier la caricature à outrance et ses clichés (les belles débiles, la moche intelligente et les hommes blaireaux).

En résumé : Vilaine promettait d'être une parodie d'Amélie Poulain drôle, rafraichissante et grinçante, mais abandonne malheureusement le combat à la moitié du film pour succomber à la facilité du cliché et des bons sentiments.
**°°
*S.M.*

mardi 16 février 2010

Dossier : Des séries françaises - Conclusion

Face à l'acharnement de certains scénaristes et réalisateurs à poursuivre dans la médiocrité, il existe tout de même quelques courageux pour s'y opposer et tenter de nous offrir une certaine nouveauté et de la qualité. En effet, ne tombons pas dans le stéréotype du français jamais content et qui pense que l'herbe est toujours plus verte ailleurs. Il existe en France de nombreuses bonnes séries (certaines surement oubliées) mais trop peu mises en avant, à de rares exceptions près, comme cela semble être le cas pour les autres pays d'Europe à l'instar du Royaume Uni qui nous a offert un très beau remake de son classique Doctor Who et le diptyque Life on Mars/Ashes to Ashes et contrairement à l'Allemagne et l'Espagne d'où semble seulement nous parvenir des mélodrames (Le Destin de Lisa, Un, dos, tres).

*S.M.*

Dossier : Des séries françaises - Partie III

III - Imagine nation.

Nous sommes en 1999 après Jésus-Christ ; toutes les télévisions françaises sont occupées par des séries pitoyables... Toutes ? Non ! Car sur France 2, une série, adaptation française d'une série québécoise, va (enfin) pousser les chaînes à faire preuve d'un minimum d'imagination. Son nom : Un gars, une fille.


A) La "Shortcom".

Dés sa sortie, cette série à format court retraçant la vie d'un couple simple et ordinaire va exploser et être suivie quotidiennement par environ 5 millions de personnes. La recette est simple : des tranches de vie auxquelles tout le monde peut d'identifier, de bons acteurs (irrésistibles Dujardin et Lamy), une forte alchimie et un humour très bien calibrée.
Contrairement à H, la (très bonne) série humoristique au trio de stars (Debbouze/Eric/Ramzy) sortie l'année précédente, mais qui eut peu de répercussions, Un gars, une fille bouleversera le paysage télévisuel français en lançant la mode des "mini fictions" passant du bon (Caméra Café) au désastreux (Samantha, Oups !). Même Alain Chabat s'y lancera avec la production de la (très courte) série de Pierre-Alain Bloch, Avez-vous déjà vu..? .

Suivant ce principe, Alexandre Astier lance sa série comiquo-historique intitulée Kaamelott qui aura elle aussi un franc succès (près de 5 millions de téléspectateurs quotidiens, 5,6 pour sa quatrième saison). Mais Astier a une plus grande ambition pour sa série que 3 minutes 30 par épisodes. Ainsi, tout au long de ses six saisons, la série ne cessera d'évoluer pour devenir non seulement l'une des séries les plus drôles de France mais en plus une véritable fresque mêlant passion, loyauté, trahison et bras cassés. En effet, la série, pour trouver son rythme et sa forme parfaite, se doit selon Astier de changer de format (les épisodes passeront en 7 minutes puis prime time de 40 minutes, à l'américaine) mais aussi d'ambiance, devenant peu à peu une véritable comédie dramatique, la réalisation et l'interprétation se perfectionnant au fil des saisons ; il n'est donc pas rare de sentir son coeur se serrer, trépigner d'impatience et rire à larmes en moins de cinq minutes. La suite se déroulera au cinéma, pour (peut être) une trilogie de long métrages si les (nombreux) fans suivent.

De nos jours, quelques séries tentent de persévérer dans le domaine de la shortcom. Ainsi, M6 a réussit son pari en sortant la version moderne et tout âge (plusieurs générations cohabitent dans la série) d'Un gars, une fille avec la très bonne Scènes de ménages en exploitant, en outre, l'effet de famille, puisque l'une des actrices principales est la soeur cadette d'Alexandra Lamy. Cependant, tout les "remakes ne sont pas bon à prendre, car la diffusion de Caméra Café 2, annoncé comme le blockbuster de l'humour depuis un petit moment déjà, a réalisé une audience pitoyable et méritée, obligeant M6 à se réfugier dans la rediffusion de UG,UF...

Notons aussi, pour finir, le cas Nolife, une chaîne qui, comme son nom l'indique, sent bon la déconne, le jeu vidéo et la vieille pizza. A l'origine basée sur le même principe que sa concurrente Game One, en plus fun (les délirants et désormais célèbres Davy Mourier et Monsieur Poulpe - cela ne s'invente pas), elle ne semblait pas se destiner à être le foyer de plusieurs séries des plus inventives et fraîches.
Depuis 2007, l'unique et particulière NerdZ, créée, réalisée et interprétée par Mourier, Poulpe et Didier Richard, met ainsi en scène DarkAngel64 ("Dark" pour les intimes), un nolife de 24 ans qui, pour vivre, sous loue son appartement à Caroline, étudiante en fac de psycho, et Jérôme, maquettiste pour un magazine d'art contemporain, tandis que son ami Régis-Robert, un attardé mental, squatte chez lui...
Fort du succès de sa première série, la chaine lance alors en 2008 deux nouvelles séries, toute aussi originale que drôle : Flander's Company et Noob.
La première met en scène les employés et le PDG d'une boîte où viennent se présenter tous les super vilains les plus mauvais de l'univers afin de devenir génies du mal. La seconde se déroule dans le monde virtuel d'Horizon 1.0, un MMORPG (jeu de rôle en ligne dont l'exemple le plus connu est World of Warcraft), où Gaea se voit obliger, vu son bas niveau, à faire équipe avec plusieurs bras cassés de la guilde Noob si elle veut profiter des divers donjons.
Toutes ces séries, à défaut d'être universellement accessibles (les private jokes, les références aux jeux vidéos, l'humour douteux mais revendiqué, les acteurs délibérément amateurs), a le mérite de vouloir faire du neuf, d'être en phase avec leur public et de montrer que l'originalité se doit de supplanter la routine.


B) Le renouveau du format long ?

La série a format long a elle aussi bien évoluée. Ainsi, même si le thème n'a rien de révolutionnaire (la comparaison entre deux familles et leur éducation), la série de Anne Giaferi et Thierry Bizot, Fais pas ci, fais pas ça, propose toute une galerie de personnages plus hilarants les uns que les autres, avec, en tête, les excellents Valérie Bonneton et l'ex Nous c'est nous (et donc ami de Dujardin), Bruno Salomone. Abandonnant un concept intéressant (la fausse télé réalité) mais qui au final s'avérait pesant, la série est revenu à une narration plus simple et plus fluide (sans les intermèdes qui l'alourdissaient, par exemple) avec un format de 52 minutes, idéal pour un prime sur France 2 (surtout depuis la suppression de la publicité).

Toujours dans l'humour, après les déboires de la mitigée Off Prime, Simon Astier dévoile en 2008 Hero Corp, s'impose déjà, à la fin de sa deuxième saison, comme une grande série. En effet, le demi-frère du Roi Arthur (à qui il se permet de voler quelques fans) interprète John, un jeune homme qui se rend dans un village de la Lozère pour les funérailles de sa tante. En réalité, il s'agit d'une machination car, selon certaines visions, il est l'élu capable de mener d'anciens super héros vieillissant et aux pouvoirs pourrissant à la victoire contre les forces de The Lord.
Autour de cette idée géniale, Astier construit un véritable univers peuplé de héros incroyablement mauvais et délirants (Captain Shampoing, capable de projeter du shampoing avec les mains, Mental, capable de vous obliger à faire tout ce qu'il veut mais seulement si vous le décidez, etc.), de loups garous et autres vampires monstrueusement drôles. De plus, on peut dénicher dans le scénario, au delà de la simple comédie, une réflexion sur le couple, l'héroïsme, la trahison et la foi (si, si). Et même si les acteurs ne sont pas tous exemplaires (pas de balance ici), la réalisation (superbe pour une première oeuvre), la construction dramatique (des cliffhanger et des révélations surprenants pour une série française, à l'image de Lost), les guest stars de choix (le clan Astier, Bénureau, Lambert, Courtemanche...) et les divers hommages (Heroes, les comics, les films de séries B, la culture francophone assumée et sublimée, et même Kaamelott) parviennent vite à faire oublier ce léger détail.

Dans un tout autre domaine, Canal + semble s'être fait le porte parole de la fiction intelligente, adulte et sombre avec, dernièrement, Pigalle, la nuit de Hadmar et Herpoux (que je n'ai pas vu mais qui s'annonce prometteur, et, du moins, originale) et surtout Braquo menée d'une main de maître par Olivier Marchal (le revoilà lui ?!), un The Shield-like ambiance 36 Quai des Orfèvres, sinon réaliste, du moins couillu, anti manichéen et aux qualités indéniables (acteurs, réalisation, scénarios), faisant oublier l'ambiance croissant-saucisson de la P.J. .

*S.M.*

Dossier : Des séries françaises - Partie II


II - Reuhmaque.

Que faire lorsque l'on a pas d'inspiration mais que l'on veut surfer sur la vague de qualité qui secoue les Etats Unis ?
TF1 a trouvé ; la solution : le remake.
Ainsi la chaîne, reconnue pour la qualité de ses programmes (Lagaff', Nikos, Castaldi & Co.), nous a offert quelques bijoux de médiocrité.

C'est en 2006 qu'elle lance Section de recherches, qui tente de renouveler la série policière à grand coup d'enlèvements d'enfants, de disparitions, de crimes crapuleux ou sexuels qu'une unité de Gendarmerie Nationale est chargée d'empêcher. Tout cela n'est pas sans rappeler Les Experts, succès énormes aux Etats Unis (23 millions de téléspectateur seulement).
En 2007, fort du succès de Section, TF1 lance Paris enquêtes criminelles avec Vincent Perez (New York section criminelle) et L'Hôpital (Grey's Anatomy) toujours sur le même schéma : plagiat, acteurs moyens pour ne pas dire mauvais, pâle copie bien française. Contrairement à Section, Paris est sur la sellette et Hôpital, aux audiences catastrophiques, a été annulée après les six épisodes de sa première saison.

Dernièrement, France 2 a lancé Le Chasseur au scénario original mais avouant complètement ses similitudes avec Dexter (famille ne connaissant pas la double vie de tueur du père, l'atmosphère, le thème musical). Sans être à la hauteur de sa cousine d'Amérique, la série a (avait ?) un certain potentiel (acteurs et réalisation passables, scénario assez bien ficelé). Cependant, les spectateurs l'ont boudée à sa diffusion, lui préférant The Mentalist.
Voilà un autre problème : la diffusion. Nous avons d'un côté, une série entouré d'un certain buzz (Mentalist) et de l'autre une série française dont on a pu voir une ou deux pubs sur la chaîne. Rajoutons à cela un effet d'incompréhension en face d'une telle série (le téléspectateur n'a pas été préparé), assez inhabituelle dans notre sphère télévisuelle nationale, et une diffusion à grande vitesse (6 épisodes en deux soirées) pour cause d'incompatibilité avec le public, avant toute diffusion... A qui bon l'acheter alors ? Pourquoi en prime time ? Comment garder le spectateur ?
Une telle publicité et diffusion ne peuvent engendrer qu'une série morte née...

Ah au fait Jean-Luc est mort et Eva se marrie avec son demi-frère.
*S.M.*

Dossier : Des séries françaises - Partie I

I - C'est dans les vieux pots...

Le spectateur français à la fâcheuse tendance d'aimer les vieux. Ainsi, il ne veut pas qu'on réforme les retraites et est le seul pays au monde à fêter les grand mères (!). Et cela se remarque aussi en regardant son programme TV.
Combien d'entre nous n'ont pas vu au moins une fois une rediffusion de Maigret, du Commissaire Moulin ou de l'Instit ?
Bon, nos lecteurs les plus jeunes rechigneront peut être et nous expliqueront qu'il n'a guère entendu de plus de Navarro que des paroles décousues de sa grand mère. Une légende urbaine, peut être ? Un Indien ? Un guitariste ? (hi hi hi)

Cependant, cela ne change pas beaucoup à l'affaire car la nouvelle vague qui est apparue par la suite (parce que quand l'acteur principale marche que difficilement sans déambulateur, on peut plus faire grand chose) a toujours été bâtie sur le même schéma narratif que leurs ainés, chose qui a toujours cours aujourd'hui. Donc, si vous voulez créer une série bien franchouillarde comme on a le secret en France (les Américains nous supplient mais on tient bon !), prenez note, je vais pas le répéter deux fois (vous aussi au fond !).
Vous avez à ce niveau deux possibilités :


A) La série policière

Alors là, vous oubliez tout de suite Les Experts et autres NCIS, on déconne pas nous. A la poubelle, les lunettes de soleil à la Horatio Caine, ici ce sont de véritables lunettes, avec, si possible, monture en écaille. Et que cela ne soit pas un élément scénaristique à la Heroes, n'est-ce-pas ? Juste des lunettes.

Bon alors, vous trouvez un acteur sachant plus ou moins jouer (commencez pas, j'ai pas dit "bien jouer", d'accord ?) incarnant un commissaire irréprochable. Ensuite vous nous mettez quelques femmes dures de caractères (elles peuvent être aussi la commissaire, voir Julie Lescaut, c'est classe, ça fait jeune), un coéquipier assez proche (pas d'histoire de sexe ici, du moins pour le moment), des sous fifres plus ou moins doués, plus ou moins drôles (réservez un personnage au moins consacré entièrement à ce rôle, avec une belle tête de looser, si possible) et, si vous vous sentez prêt, un personnage un peu marginal, un loup solitaire (ça excitera les ménagères). Ajoutez un personnage issu des minorités, cela vous aidera pour plus tard.
Les enquêtes doivent toujours être résolues dans le même épisode, maximum dans deux, on va pas commencer à se prendre la tête avec des histoires sur plusieurs épisodes, on est pas dans Lost. Blessez un personnage disons tous les cinq épisodes, mais ne le tuez jamais (sauf si l'acteur veut partir ou s'il demande un salaire trop élevé), ça donnera un peu de tension. Dans le cas où vous avez du tuer un personnage, ne paniquez pas, faites cinq minutes de deuil et passez à autre chose, un nouveau personnage par exemple. Les enquêtes ne doivent jamais être "glauques", oubliez donc les séries de Dick Wolf (aucun jeu de mot) ou The Shield. L'extrême limite ayant déjà été atteinte par La Crim', c'est dire. Essayez aussi d'éviter les coups de feu un maximum (faut pas qu'un plus de 70 ans nous claque dans les doigts). Inventez des histoires de tags ou de vols, surtout avec des jeunes. Évitez un maximum les histoires de minorité, sinon donnez un rôle conséquent au votre.
Pour la musique on s'en fout, du moment que ça reste (genre l'intro de P.J. et son p'tit accordéon).

N.B. : soyez un peu original, votre commissaire pourra donc faire partie de la "brigade spéciale des trains et frontières" (Quai numéro un, avec, quand même, Olivier Marchal, comme quoi ils tournent pas tous bien), faire équipe avec un membre de la justice (Femmes de loi), etc. On a même vu des grosses blagues marcher (Bernard Tapie dans le rôle du Commissaire Valence, faut oser), alors lâchez vous !


B) La série familiale

Les êtres extrêmement sensibles, voire trop, sont les bienvenus dans cette section. N'hésitez pas à faire péter les mouchoirs, on s'occupera de la pub pour Kleenex.
Il vous faut trouver un personnage d'une bonté absolue, tellement bon que Mère Térésa aurait eu honte. Vous avez un large choix, le médecin étant très prisé (Docteur Sylvestre, Fabien Cosma), mais il y a aussi l'instit, le brocanteur (Louis la Brocante) ou même l'ange (Joséphine, ange gardien), si vous voulez. Il faut toujours un acteur mauvais (facultatif mais de toute façons, vous aurez rarement le choix) qui incarne une victime à deux doigts du malheur, de la faillite ou du suicide ou une bonne âme à racheter (un gosse qui vole pour subvenir au besoin de sa famille par exemple). Si vous n'avez plus d'imagination, plongez vous dans La Petite Maison dans la Prairie.

Vous pouvez aussi créer toute une communauté, à laquelle les pires mésaventures imaginables mais la solidarité et l'amour seront toujours plus fort que tout : Sous le soleil, Une famille formidable, Plus belle la vie... Tout un programme. C'est ici une bonne occasion pour parler des titres, les créateurs de PBLV ayant hésité à choisir Cinquante glands à Marseille... Attention à la faute de goût ! Toujours, toujours choisir un titre qui évoque la joie, le soleil et ne rappelant jamais le téléspectateur. Si manque d'inspiration, retour à La Petite Maison.
Plus belle la vie est en outre un magnifique exemple. En effet, mélangeant un peu tous les stéréotypes de la série familiale et de la série policière française, il est de bon ton de l'appeler "chef d'oeuvre de la télévision française" (à louer le fait qu'elle est la seule à entretenir un suspense de fin d'épisode du même niveau que Lost et Prison Break réunies). Le niveau est très élevé.
Enfin, n'hésitez pas à montrer votre soutien aux communautés, que vous êtes tolérants et à cracher au visage de ces sales racistes, même si parfois cela frise le ridicule, le geste n'en sera que plus beau, à l'instar du refrain du générique de PBLV :

On est vraiment rien sans elle

Qu’on soit noir ou blanc

Si on tend la main pour elle

La vie est plus belle.

A lire deux fois pour bien saisir l'énormité. Quelques pistes : Qui est le "elle" en question ? Que cela engendre-t-il ? Comment va réagir Jean Luc ? Va t il épouser Eva ou fuir avec ses 135 millions d'euros ?

A suivre...

Pour cette première partie, l'auteur tient à remercier :
* sa mère et sa grand mère pour lui avoir fait découvrir la beauté d'une série télévisée française et les méandres de son scénario.
* Monsieur Joël Ganault, philosophe professeur et sérivore, pour nous avoir ô combien éclairé sur ce générique. Ma vie ne sera plus jamais la même. Je vous aime.
*S.M.*

Dossier : Des séries françaises - Introduction


Pendant longtemps les séries télévisées ont été reniées par les critiques, les jugeant trop axées divertissement sans être de qualité. De nos jours, il n'en est plus. En effet, des séries telles que The Sopranos ou The Wire ont convaincu la presse que la fiction télévisuelle a acquit ses lettres de noblesses et il n'est pas rare aujourd'hui de voir des réalisateurs (Tarantino) ou des acteurs (Close, Whitaker) reconnus de cinéma séjourner au petit écran.
Cependant, les séries télévisées les plus réputées sont produites pour la plupart par les Etats Unis à travers des chaînes qui ne renoncent à aucune folie inventive, du moment qu'elle soit bonne ; HBO en tête (Sopranos, Six Feet Under, Oz, prochainement Boardwalk Empire de Martin Scorsese) suivie de très près par AMC (Mad Men, Breaking Bad) et Showtime (Dexter, Californication). Même des chaines telles que Syfy (Battlestar Galactica) ou FX (The Shield), connues surtout pour leurs rediffusions, ont proposé de magnifiques séries. Ces network sont donc parvenus à réunir d'un côté la critique professionnelle, recherchant la qualité (les séries ont à présent de plus en plus une réalisation et une interprétation dignes du grand écran), et les spectateurs, désirant passer un bon moment et se divertir (le schéma du suspense à la Lost, Prison Break ou encore Dexter, les enquêtes rythmées des Experts).

Mais comment se comporte la scène fictionnelle télévisuelle en France (cocorico !) ? Sommes nous condamnés à diffuser uniquement des séries américaines, mal doublées en plus, et abandonner notre imaginaire ?
Petit tour d'horizon...

Dans un premier temps, l'auteur s'efforcera de démontrer que les séries françaises originales sont généralement divisibles en deux catégories : les séries policières et les séries familiales, toutes deux suivant le modèle de série plus anciennes.
Après avoir rapidement discuté des remakes français de séries américaines, il s'attaquera aux séries originales françaises faisant preuve d'un réel potentiel.

N'hésitez pas à joindre d'autres exemples en commentaire.
*S.M.*

dimanche 6 décembre 2009

Yuki et Nina : promenons-nous dans les bois...

Yuki, jeune métisse franco-japonaise de 9 ans, apprend que ses parents vont se séparer et qu'elle devra déménager au Japon avec sa mère. Elle décide alors de faire son possible avec Nina, sa meilleure amie, pour empêcher l'inévitable. Après quelques idées infructueuses, elles choisissent de fuguer.

Hippolyte Girardot cosigne ici son premier long métrage avec le réalisateur japonais Nobuhiro Suwa, déjà remarqué pour ses films tels que M/Other, H story ou encore Un Couple parfait (déjà en partenariat avec la France). Yuki et Nina a tout du téléfilm de France 3 suivi par les ménagères (ne m'obligez pas à citer L'Instit...) : un drame familial tout ce qui a de plus banal, le film centré sur les enfants, etc. Mais voila contrairement aux téléfilms sus-mentionnés, le film touche à la vérité (et à la perfection, soit dit en passant comme ça vous savez à quoi vous attendre).

En choisissant de faire jouer deux enfants non professionnels ("Pas comme ces singes savants américains, redoublés par des femmes adultes essayant tant bien que mal de les imiter, ce qui est vraiment ridicule...", dixit Girardot à l'avant première à Lille du 4 décembre 2009), les cinéastes prennent le pari soit de se planter, soit de faire du film une œuvre intense, dense et, par dessus tout, crédible. Et... (suspens) pari tenu. La petite Noë Sampy n'essaye donc pas d'être une enfant réservée, traumatisée par le divorce de ses parents mais ne le montrant pas, elle l'incarne avec une fragilité et un caractère propres aux "vrais" enfants. De même, la petite Arielle Moutel, autre pendant de cette enfance si proche et en même temps si lointaine, apparait aussi autoritaire que touchante. Les deux actrices adultes, Marilyne Canto et Tsuyu Shimizu (amatrice), sont exceptionnelles dans leurs rôles de mères désarmées face à l'incompréhension de leurs filles.

Bien qu'il soit loin d'être ennuyeux, le film suit un rythme assez lent, idée renforcée par des plans séquences d'une beauté extrême (Tsuyu Shimizu se mettant réellement à pleurer lors d'une scène et s'excuse non pas auprès de sa fille mais des réalisateurs) où le spectateur expérimente le temps qui passe, temps qui est l'ennemi de l'amour et de l'amitié, ce que comprendra la jeune Yuki.
Jamais de tout le film les cinéastes sombrent dans le danger, ô combien tentant, du misérabilisme et la sur-accumulation dramatique.
La deuxième partie du film est marquée par une ambiance merveilleuse de contes où les deux jeunes filles s'enferment dans leur monde empli de débats sur les loups-garou et de cochons dans le ciel. Épisode d'une beauté infime et d'une liberté absolue, tant dans la forme, dans le jeu ou dans le scénario. Aussi, le film tire sur le fantastique lors d'une ballade de Yuki qui se mêle à son imagination et rappelant les grandes aventures de notre enfance faits de précipices/trottoirs et de lacs de lave/passages piétons. En outre, cette ambiance mêlée à une thématique très japonaise (la forêt semble réellement posséder une âme à travers la caméra des cinéastes, par un jeu de lumière par exemple) n'est pas sans rappeler les films de Hayao Miyazaki (Le Voyage de Chihiro, Mon Voisin Totoro...).
La fin du film verra la réconciliation de la mère et de la fille, lorsqu'enfin cette première se souviendra de l'enfant qu'elle a été et qu'elle a vécu les mêmes tourments que sa fille.
En résumé : Cette coréalisation franco-japonaise montre toute la virtuosité de Girardot et de Suwa lorsqu'il s'agit d'être au plus près de l'enfant, ses craintes et son monde ainsi que du thème du divorce sans jamais tomber dans le mielleux et l'overdose émotionnelle.
***°
"J'ai eu peur que tu te perdes, peur que tu reviennes pas..."
Frédéric (Hippolyte Girardot)
*S.M.*

samedi 5 décembre 2009

Comment nous avons rencontré l'équipe Kaamelott.

En l'an de grâce 2009, en me baladant sur le net, j'ai eu l'immense joie d'apprendre par le biais du profil Facebook de Brice Fournier (Kadoc, actuellement à l'affiche de A l'origine de Xavier Giannoli) que l'équipe Kaamelott allait être présente à Lille.
En effet, à l'occasion de la sortie du Livre VI ainsi que du tome 5 de la bande dessinée, Alexandre Astier avait rendez vous avec ses fans au Furet du Nord le mercredi 2 décembre dès 15h.
Nous sommes donc arrivés avec une heure d'avance mais cela n'a pas suffit puisqu'une assez grande file d'attente s'étalait déjà sur plusieurs mètres devant nous.


Mais nous n'avions pas à nous plaindre puisque la file continuait à se former derrière nous et cela jusqu'au rez de chaussé, la rencontre ayant lieu au premier étage.
En attendant Astier, nous avons tué le temps en parlant avec d'autres fans: une rencontre simple, un dialogue qui s'établit assez vite pour déboucher sur la très célèbre chanson "A la volette".
15h. L'ascenseur s'ouvre. Le public exulte. On compte les visages familiers. Il y aura donc, comme nous l'annonce déjà Astier au micro : Caroline Ferrus (Dame Mévanwi) , Brice Fournier, Steven Dupré (illustrateur de la B.D) et lui même (le roi Arthur). Malgré leur joie, les fans sont assez déçu de ne pas voir le reste de la famille Astier, Jacques Chambon, Franck Pitiot ou encore Jean Christophe Hembert.


Quelques questions sont posées par un journaliste et l'équipe répond avec beaucoup d'humour.
Voici un petit florilège des réponses d'Astier : il souhaite faire un film avant de s'attaquer au film Kaamelott, il a été très impressionné de travailler avec Pierre Mondy mais déçu par "un autre grand du cinéma" "casse couille" et souligne au passage à Caroline Ferrus que si elle souhaite garder son job elle ferait mieux de dire qu'il est un bon metteur en scène.

15h30, les dédicaces peuvent commencer et notre attente se prolonge dans la fébrilité. Un bonbon, lancé par Brice Fournier, finira sa route au sommet de mon crâne, me sortant d'une longue rêverie.

18h. Nous sommes enfin devant les acteurs, le regard admiratif.

Brice Fournier, armé de son tampon (voir interview) nous accueille et malgré la fatigue est toujours aussi souriant. Sébastien demande s'il peut prendre une photo et celui ci acquiesce. Celle ci (visible ci dessous) est rouge à cause des projecteurs et ce n'est pas sans humour que Brice Fournier déclare "Non, mais c'est normal, c'est ma couleur naturelle."


Alexandre Astier choisit cet instant précis pour se lever et partir. C est Caroline Ferrus qui s'empare alors de mon DVD, le sourire aux lèvres me lançant un "Bongour" (sic) afin de le dédicacer.


Retour de Alexandre Astier, qui a quelques dédicaces à rattraper et que je peux donc admirer. C'est alors qu'il prend mon DVD et non sans timidité, je lui déclare qu'il compte des fans en Tunisie aussi. C est avec beaucoup de surprise qu'il poursuit la conversation très agréablement.
Ne voulant pas abuser de leur gentillesse, nous n'osons pas prendre des photos à leur côté, chose que nous n'allons, visiblement pas cesser de regretter, dans les semaines qui arrivent.



Nous pouvions sentir que la bonne humeur imprégnait cette équipe qui paraissait soudée puisqu'ils ne cessaient pas de s'amuser devant nous (se donnant des coups de tampons, ripostant avec des traces de stylo, se vannant quelques fois...).
Salutations à cette équipe qui garde le sourire et qui est au final très agréable à rencontrer. Et comme on dit en latin: "si minus est, liberi ave era", ce qui ne veut strictement rien dire mais qui boucle bien l'article.

Reportage sur grandlille.tv.



A venir: Rencontre avec Monsieur Hippolyte Girardot à l'occasion de l'avant première de Yuki et Nina, son premier long métrage.

(A.B.A)

vendredi 27 novembre 2009

Kaamelott


"Bientôt, Arthur, redeviendra un héros"



Et il fallait oser. Oser adapter le très célèbre mythe des chevaliers de la table ronde, l'adapter mais surtout en faire, une série comique à l'instar des très célèbres monty python.
A
insi Alexandre Astier, jeune réalisateur, ayant remporté le concours public de court métrage, voit son projet financé par M6.
Le 3 Janvier 2005, après Caméra Café, Kaamelott voit le jour sur M6.
Et c est avec plaisir et beaucoup de rire que nous pouvons découvrir l'équipe de bras cassé dont s'entoure le Roi Arthur pour la quête du Graal.

En effet, loin d'être de valeureux chevaliers, ces derniers sont de vrais tordus, une vraie "bande de clampins". Comme disait Arthur dans Dies Irae.
Ainsi le chevalier Perceval balance le saint suaire à la flotte en étant sur que cela ne vaut pas un sou alors que Lancelot, le chevalier "solitaire" tombe amoureux de Guenièvre, la femme du Roi. Le chevalier Bohort quant à lui a peur d'aller se coucher pendant que Kardoc s'enfile en douce tous les aliments de la cuisine. Merlin l'enchanteur refuse d'aller au rassemblement annuel des druides car il n'y a pas d'alcool pendant que le jeune Yvain demande si il a le droit de boire du cidre avec Gauvain.Et ce n'est pas sans surprise qu'on finit par surnommer Arthur "le sanglier de Cornouaille" et Merlin "Coco l'asticot".
Rythmé par les querelles familiales lors des repas tout le monde au château semble oublier la quête du Graal.
Ceci mènera le Roi Arthur dans le livre 5, lentement mais très certainement vers une totale dépression.

Et c'est un coup de génie de la part d'Alexandre Astier. En effet, on finit par s'attacher, par s'inquiéter, à verser une larme, et on découvre dans le livre 6 un homme abattu par le poids de son vécu.

Mêlant humour absurde, décalé et jeux de mot Kaamelott en ravira plus d'un...
Mêlant tragédie humaine, amour impossible et fatalité Kaamelott réussira à en émouvoir plus d'un...

A consommer sans modération.

A.B.A.

Persepolis. Attention, spoiler ..


Persepolis c'est d'abord une bande dessiné qui illustre une partie de la vie d'une femme,celle de Marjane Satrapi,fille d'Iran.Persepolis c'est ensuite une adaptation cinématographique de cette bande dessiné réalisée avec l'aide de Vincent Paronnaud .Mais,Persepolis c'est surtout l'histoire d'un pays,d'une lignée,d'une famille confrontés à de réels dangers : une révolution,l'instauration d'une Republique Islamique et une guerre provoquées au nom de la Liberté.
C'est avec beaucoup de courage que Marjane Satrapi réussit à mettre en scène l'innocence de son enfance déjà manipulé par une propagande...En 1978 en Iran,il faut admirer le Chah, croire en Dieu et savoir devenir une femme,digne du nom qu'elle porte, lui dit on à l'école.Ainsi à huit, neuf ans Marjane a des reves peu communs pour la société occidentale, des reves qui semblent etre fous. Et pourtant, dans les sociétés musulmanes ce reve est le meme pour tous les enfants: Ils revent de devenir le dernier prophète de l'univers et pratiquement toutes les filles revent de pouvoir un jour se raser les jambes, signe qu'elles sont enfin devenues des femmes,comme leur mère.Mais,voilà que la révolution arrive,des opposants à la monarchie se font tuer,l'oncle de Marjane fidèle communiste ainsi que sa grand mère apprennent à Marjane à forger sa propre opinion au sujet du monde dans lequel elle vit.Et enfin la monarchie tombe.Ce sont des jours interminables de bonheurs et de fetes qui se succèdent en Iran.On arrache les photos du Chah dans les livres scolaires pour les bruler.On crie le nom de la Liberté partout dans les rues.La fin de la Monarchie marque la fin d'une nouvelle ère qui semble pouvoir devenir exemplaire.Malheureusement, c'est une Republique Islamique qui prend peu à peu place dans le pays.On oblige les femmes à porter le voile, les enfants à apprendre le Coran, les hommes à devenir responsable de tous les actes commis autours d'eux.Mais Marjane qui devient peu à peu adolescente ne veut pas se laisser faire.Comme son oncle, au temps de la Révolution,elle adopte un comportement à l'encontre de la République et de ses lois.Elle écoute du punk,idolatre Mikael Jackson et va au marché noir pour acheter des C.D américains.Ses parents s'inquiètent pour l'avenir de leur fille.C'est lorsque l'Irak attaque l'Iran qu'ils décident alors de l'envoyer définitivement en Europe afin qu'elle puisse poursuivre une scolarité appropriée, bon à son épanouissement.Marjane a alors 14 ans et elle découvre un nouveau pays : l'Autriche,elle fréquente le lycée Francais.La jeune fille gère sa crise d'adolecence comme elle le peut.Elle est confrontée aux préjugés des uns et au racisme des autres.Elle connait ses premieres relations amoureuses suivies de ses premières deceptions.C'est à 17 ans après avoir passé quelques semaines dans la rue en plein hiver que Marjane estime qu'il est temps pour elle de revenir en Iran.A son retour,c'est une femme,belle et pleine de charme que ses parents ne reconaissent pas à l'aéroport.Peu à peu Marjane reprend ses vieilles habitudes mais la Republique Islamique semble etre encore plus intègriste qu'auparavant.Marjane, inspirée par le comportement de sa grand mère veut défier une fois de plus, les lois de son pays...
C'est pendant plus d'une heure cinquante de récit que Marjane Satrapi réussit à nous tenir en haleine.On s'attache très vite à cette petite fille que l'on voit évoluer au fil des années et c'est d'un point de vue différent des docu fictions occidentales qu'on peut enfin aborder l'histoire de l'Iran.Une histoire tragique dans un pays triste, triste comme le coeur de Marjane, comme les kilomètres qui la séparent de sa famille, comme les minutes de ce chef d'oeuvre splendide qui se succèdent sans se ressembler mais qui réussissent à rassembler les émotions de plus d'un peuple.
A.B.A.