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vendredi 24 septembre 2010

Coup de foudre à Notting Hill: Surréaliste mais sympathique

Coup de coeur pour coup de foudre à Notting Hill du réalisateur Américain, Roger Michell.

Un film qui se fait vieux (1998) mais qui n a rien perdu de sa magie. Le film obéit aux règles classiques de la comédie romantique: Quoiqu'il arrive, le spectateur sait déjà qu'ils finiront ensemble.

L'actrice d'Hollywood et le libraire de la porte bleue de Notting Hill.

Après quatre mariages et un enterrement au succès international, R.Curtis scénariste, réalise le fantasme de tous les jeunes hommes: Etre avec la femme de cinéma qu'ils admirent le plus au monde allias leurs "petit bichon" (sic).
Alors que les contes de fée nous ont habitué à voir la femme attendre le prince charmant, le monde moderne qu'est le nôtre a inversé les rôles. Tout le succès du film réside sûrement dans ce détail.

Hugh Grant excelle dans son rôle de libraire, timide et maladroit. Tandis qu'on pourrait presque croire que Julia Roberts joue son propre rôle. Leur duo à l'écran s'inscrit certainement dans les couples mythiques qui ont marqué le cinéma des années 90. Mais ce n'est pas pour autant que R.Curtis omet de donner de l'importance aux personnages secondaires.

De la petite soeur qui n'a pas confiance en elle à la meilleure amie, ex amante en chaise roulante, R.Michell filme la société britannique en famille, entre amis et rien n'est épargné. Ni même les clichés dont il semble s'amuser; il y a des litres de thé sur un tournage qui se déroule en Grande Bretagne, les vedettes changent de compagnons sans cesse et leur unique problème est de ne pas avoir pu manger comme ils le souhaitaient afin de pouvoir garder la ligne.

Une histoire de Cinéma.

Mais R.Curtis semble profiter de ces instants pour rappeler au spectateur que le cinéma est un monde peuplé d'être humain au même titre que celui dans lequel on évolue tous les jours. Anna Scott (Julia Roberts)  pleure lorsqu'elle s'aperçoit que les paparazzi l'ont une fois de plus, roulé dans la farine au détriment de sa vie sentimentale qui se révèle être un échec. R.Curtis  se permet aussi de se moquer gentiment des critiques de films en utilisant le personnage de William Thacket (Hugh Grant) qui pris au dépourvu, se fait passer pour l'un d'entre eux (magazine chasse à ccourre) et se met à poser des questions d'aucune importance aux vedettes. Le mot est passé...



Le scénariste se révèle  maître dans l'art du dialogue et c'est dommage de constater qu'il ne se consacre presque exclusivement qu'aux comédies romantiques, cependant je vous renvoie à l'épisode de Dr Who 'Vicent and the Doctor' afin que vous puissiez voir  par vous même l'étendu de son don.

"Surréaliste mais sympathique" , ainsi s'exprime William Thacket lors de sa première rencontre avec Anna Scott."Surréaliste mais sympathique" c est aussi le ton qui est donné au film et qui enchantera les plus petits et fera rêver les plus grands.

"After all, I'm just a girl, standing in front of  a boy, asking him to love her." 

vendredi 14 mai 2010

This is how it ends... Friends.

J'ai l'honneur de vous annoncer l'arrivée d'une nouvelle rubrique où vous pouvez à votre tour vous exprimer. Je vous laisse donc découvrir le concept. Nous commençons avec Friends.





"En 1994 je n'avais que cinq ans. Et, des fois, chez moi, on regardait Friends.

Moi, ces histoires d'adulte ne m'interessaient pas vraiment. Même si, quelques fois, je rêvais secrètement du jour où je serai enfin colocataire de quelqu'un. Ce jour où je serai enfin devenue grande.J'ai connu Friends sur France2, alors que la série se rapprochait déjà de sa fin. A l’époque je regardais un épisode ou deux avant d’aller voguer à mes occupations de collégienne : MSN, les amis, les rumeurs et les amours. Friends, pas vraiment ma génération mais, j’aurais aimé faire partie de la leur. C’était devenu au fil du temps un rendez-vous mondial. La terre entière connaissait nos chers colocataires. Leur vie, leur sentiment, leur tasse de café.


C’est l’année de ma terminale que le dernier épisode a pris fin. Ca a passé aux infos. Y’avait de grands écrans installés à New York pour cette occasion. Et des fans à perte de vues, les larmes aux yeux, un sourire aux coins des lèvres. Et, quand j’y pense, j’en ai encore des frissons. Je regardais tous ces adutes qui avaient la trentaine, mouchoir à la main. Ils avaient tous rendus des clefs et fait leur valise pour une nouvelle vie. Certains allaient se marier, d’autres avaient sûrement eu des enfants vers la fin de la série. Ils avaient un peu grandi avec Rachel, Ross, Chandler, Monica, Phoebe et Joey. Ils avaient tous eu des amis qui leur ressemblaient et savaient qu’il fallait commencer autre chose.L’année d’après, à dix huit ans, je décidais qu’il était grand temps d’emménager seule. En fait, je n’avais pas vraiment le choix. Ma famille habitait trop loin pour pouvoir m’héberger.

Quand j’ai poussé la porte de mon nouveau chez moi, j’avais l’impression d’être Rachel à la conquête de nouveaux amis, de nouveaux voisins. Et, ça n’a pas raté. L’année d’après je rencontrai mon premier colocataire. En même temps que How I met Your Mother. Notre génération avait enfin trouvé sa série phare. Alors, une bière à la main, mon bar préféré en bas de chez moi et des amis en or, j’ai décidé qu’il était grand temps de vivre des aventures folles de colocataires déjantés. Redoutant le jour où tout cela allait se terminer. "

Et vous, que faisiez vous le jour de la fin de Friends?



A.B.A

dimanche 18 avril 2010

Les plus courtes #3 : Foutaises.

Court métrage plus léger cette semaine avec Foutaises de Jean Pierre Jeunet.



En 1990, Jean Pierre Jeunet, réalisateur de plusieurs courts, s'attaque à la réalisation de Foutaises dans lequel Dominique Pinon, grand acteur à la sale gueule abonné aux films du cinéaste, énumère sans ordre précis tout ce qu'il aime ou non dans la vie.

Jeunet, à travers ce scénario de quelques lignes (une pour chaque idée, à vrai dire), nous offre un condensé de sa future carrière : un personnage commun, donc forcément un peu barré, aux préoccupations ordinaires (le coup de la goutte) mais dont la naïveté attendrissante cache quelque chose de plus profond (le questionnement sur la mort par exemple). C'est le bonheur quotidien des classes populaires (la petite folie du départ en vacances) que nous montre ici le réalisateur, un monde faussement enfantin, à l'instar de cette petite fille jouant sur un graffiti de pénis. Il y a quelque chose de Jaques Tati dans cette oeuvre, un Tati un peu désabusé, s'efforçant de gratter sous l'aspect morose des choses pour y découvrir de la bonté. Certaines séquences comme les enfants au parc ou la ballade des chiens font irrémédiablement penser à Mon Oncle.
Foutaises montre aussi le talent du réalisateur pour les décors, pour créer un univers visuel fort (le magnifique générique) et pour une réalisation qui peut sembler anodine mais juste et recherchée (les travellings, les cadrages, les inserts) ainsi que celui de Marc Caro (futur co-réalisateur de L'île des enfants perdus et de Delicatessen) pour le sens du rythme, vif et précis.

Ce court métrage sera lauréat de plusieurs prix, dont le César du meilleur court métrage 1991, ce qui lancera la carrière de Jean Pierre Jeunet vers de long métrages et l'idée du j'aime/j'aime pas (qui, à l'air Facebook et autres Twitter, trouve une nouvelle résonance) sera repris dans le grand succès Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain.
*S.M.*

lundi 29 mars 2010

Cowboy Bebop : Far Space.

Il existe des oeuvres qu'il est assez vain de critiquer car tout le monde est d'accord pour en clamer les mérites. Il en existe d'autres qui changent totalement votre perception d'un format donné. Cowboy Bebop, l'aventure spatiale de Schinichiro Watanabe, fait partie de ces deux catégories.

En 2071, Spike Spiegel et Jet Black, chasseurs de pimes grandes gueules et bras cassés, sillonnent le système solaire à bord de leur vaisseau, le Bebop, à la recherche de criminels. A travers leur périple, qui nous dévoilera le passé caché et hors du commun des personnages, ils feront la connaissance d'un chien "data" nommé Ein, d'une joueuse sur endettée et amnésique, Faye Valentine, et enfin Ed, une jeune hacker survoltée.

Avec un tel scénario, dur de se faire à l'idée qu'on a là un chef d'oeuvre de l'animation japonaise. Et pourtant, dérrière ses airs simplistes se cache un véritable drame mettant en scène des personnages charismatiques qui gagneront en épaisseur tout au long de la série. En effet, la série quittera peu à peu la monotonie de la chasse à la prime pour s'attacher aux personnages et leurs personnalités tourmentées. Ainsi, Spike sera rattrapé par son passé mafieux pendant que Jet se confrontera à d'anciens coéquipier lorsqu'il était dans l'ISSP, la police du système solaire. Quant à Faye, la recherche de ses souvenirs perdus ne se fera pas sans douleur et sans surprise.
En outre, l'une des grandes forces de la série a été de créé un univers cohérent et vivant : que ce soit sur les villes corrompues de Mars ou dans les nombreux vaisseaux, à deux doigts de la panne fatale, les personnages y ont une histoire et ne s'arrêtent pas de vivre lorsque le spectateur n'est pas là. Ainsi, trois vieux vieillards parlent avec nostalgie de leur jeunesse sur Terre, les villes sont remplies de pauvres clochards ou de marchands/arnaqueurs ambulants et les alentours de la villes sont gardés par de gigantesques publicités... Bref un univers qui se révèle être sombre (mais non dénué d'humour), maitrisé et recherché.

L'autre force de Cowboy Bebop, comme son nom l'indique, est le mélange des genres. En plus du travail évident sur le western (principalement italien, comme l'indiquent les plans sur les yeux, relents de Sergio Leone) et sur la science fiction (2001 : A Space Odyssey), la série aborde une multitude d'autres thèmes tels que la mafia, les arts martiaux (Bruce Lee), le trafic de drogue (les cartels mexicains), la culture chinoise (les Chinatown), le film noir (à la Bogart), la blaxploitation, le fantastique, le film d'horreur (Alien) et même... Pierrot le Fou de Jean Luc Godard (qui donne son nom à un épisode) ! Cet amour pour le cinéma se fait d'ailleurs la réalisation très complexe pour une série d'animation : flou, jeu de lumière, tremblement, plan séquence ou montage rythmé, vue subjective, plongé et contreplongée.... Cowboy Bebop fait la part belle à une réalisation cinématographique de haute qualité.

L'image ultra travaillée de la série (personnages et véhicules racés, environnement détaillé, animation réussie) ne serait rien sans une bande sonore du même niveau. Or, l'intelligence de Watannabe a été de s'entourer d'une grande compositrice qui offre là tout simplement la perfection. En effet, à l'image des référence cinématographiques, la bande originale brase tous les genres musicaux : du jazz, genre de prédilection de la série, au hard rock, en passant par la pop, les ballades rock et le blues, Yoko Kanno et son "groupe", The Seatbelts, semblent avoir un don particulier pour n'importe quel style. Et, chose rare, les albums sont si somptueux que vous pouvez vous surprendre en train de les écouter pour la 10ème fois.
Enfin, que ce soit en version originale ou en version française (avec, malgré tout, un petit moment d'adaptation), les doubleurs maitrisent leur sujet et font beaucoup dans la personnalité des personnages.

La série a connu une "suite" au cinéma, très réussie mais souffrant d'un petit manque de rythme, à travers le long métrage Knockin' on Heaven's Door, dont le titre est déjà témoin d'une certaine influence, et aura prochainement une adaptation "live" avec Keanu Reeves dans le rôle de Spike (sic).


En résumé : Cowboy Bebop est un chef d'oeuvre de l'animation japonaise réalisé d'une main de maitre cinéphile par Schinichiro Watanabe, dont la multitude de références donne un ton particulier à cette fresque futuriste et complexe, rythmée par la géniale composition de Yoko Kanno.
****
" See You Space Cowboy. "
*S.M.*

mardi 16 février 2010

"Vous pouvez aussi m'appelez Altesse, si vous êtes attaché aux titres"

A Los Angeles, le Duc (Dude en V.O.) interprété avec talent par Jeff Bridges, vit des jours heureux mais surtout des jours sans travailler. Monsieur le Duc est en fait un grand fainéant qui signe des chèques de 69 centimes et joue au bowling toute la journée avec ses deux amis : Walter Sobchak un juif, ex-chrétien qui se dit vétéran du Vietnam, et Donny à qui on dit souvent de la "fermer" (sic).
Alors, lorsqu'un chinois (ou "un américain d'origine asiatique") pisse sur le tapis du Duc en lui demandant de l'argent, celui ci réalise que l'homme le plus riche de la ville porte le même nom que lui. Lebowski se rend donc chez Lebowski, joint à la bouche, afin de lui demander un nouveau tapis. Ce qu'il n'aurait du jamais faire car, bientôt, le voilà entrainé dans une folle aventure d'enlèvement.
L'humour absurde et noir sont tous deux de rigueur. Et, on rit. On rit et on ne se lasse pas de regarder ce Duc se la couler douce alors qu'une petite bande de mafieux lui tourne autour pendant que Walter, sort une arme à feu et menace un joueur de bowling d'une balle en pleine tête si il n'avoue pas avoir mordu la ligne et mériter donc un zéro. Tout ceci ponctué par des "Tu vas la fermer Donny ?".

Ce n'est pas un film sur la drogue, la mafia, la malchance, la malhonnêteté, la religion, les femmes ou les hommes. C'est "seulement" le septième film des frère Coen, peut être la meilleure comédie jamais réalisée, un film culte à ne louper sous aucun prétexte. Après Fargo, les frères nous signent donc un nouveau chef d'oeuvre qui est bien loin d'être le dernier.
C'est un film sur, à la fois, la drogue, la mafia, la malchance, la malhonnêteté, la religion, les femmes et les hommes. Les frères Coen, par le biais de Lebowski donnent un certain regard de Los Angeles. "La cité des anges où il n'y a pas vraiment d'anges" et où le Duc semble être un ovni. On ne savoure plus la vie, on court après l'argent et le sexe. Le dialogue n'existe plus ; l'histoire se déroule pendant la guerre en Irak de Bush père qui sonne comme un écho à celle du Vietnam. L'histoire recommence : pas de place pour les pacifistes et ceux qui trainent du pied, comme le Duc.
Pourtant, c'est le Duc qui tient bon, alors que tout s'écroule autour de lui. Il reste là, sirotant son white russian en peignoir de bain et caleçon s'annonçant déjà comme une valeur sûre mais surtout absurde car chez les Coen, on répond à l'absurde par l'absurde.
Les répliques fusent, les lieux s'enchainent jusqu'à devenir carrément psyché (une femme peint nue en volant au dessus de son atelier), l'histoire est intrigante et aurait presque réussi à nous arracher quelques larmes au bord de l'Océan... Si seulement y'avait pas eu ce foutu Vietnam.

"Change rien Duc, continue de te la couler douce"
"T'inquiètes, le Duc tient bon"
"Le Duc tient bon. Vous je sais pas, mais moi, ça me réconforte, c est bon de savoir qu'il y a, le duc, à se la couler douce, en notre nom à tous"
A.B.A.

mardi 1 décembre 2009

Se7en : sept journées en Enfer.


Deux inspecteurs, l'un expérimenté et désespéré, l'autre nouveau et grande gueule, enquêtent sur un tueur en série, suivant les sept péchés capitaux.
Seven, à l'intrigue plus que classique, réinvente paradoxalement les codes du thriller. En effet, David Fincher nous fait suivre une semaine d'enquête de deux policiers dans une grande ville anonyme (bien que son nom ne soit jamais mentionné, on peut entre-apercevoir l'inscription New York sur certains panneaux). Rien de très original, donc. De même, les personnages sont pour le moins classiques et stéréotypés : un vieux baroudeur (Morgan Freeman, tout ce qu'il y a de plus parfait), las d'un monde dominé par la violence et à une semaine de la retraite, et un petit jeune (Brad Pitt, le héros maudit et charismatique, toujours aussi bon quand il y met du sien), beau parleur et colérique, issu d'un petit village du fin fond des États Unis, perdu dans sa nouvelle ville. Une ville glauque et poisseuse perpétuellement sous la pluie. Ici réside le paradoxe : deux flics banals, que l'on pourrait voir dans n'importe quel film policier, limite anachronique, évoluent donc dans une ambiance ultra-réaliste, blafard et maussade, renforcé par la caméra-voyeur de Fincher et la musique de Howard Shore. Le schéma de l'enquête est elle aussi basique : meurtre, enquête, indice, meurtre...



La première originalité vient, elle, des meurtres en eux même. Précurseur des Saw, chaque meurtre est un chef d'œuvre de sadisme et suit un péché capital : la gourmandise illustrée par un obèse mort d'un éclatement de l'estomac suite à l'ingestion d'une quantité astronomique d'aliments, une prostitué pénétrée par un godemiché surmonté d'un couteau afin d'illustrer la luxure etc. Ainsi apparait le paradoxe : comment deux enquêteurs ordinaires peuvent ils arrêter un tueur qui ne l'est pas? Réponse simple : ils ne le peuvent pas.
John Doe, le tueur, joue au chat et à la souris avec les héros tout au long du film. Ceux ci touchent au but mais sont finalement incompétents face à l'esprit retors et machiavélique de Doe, qui ferait pâlir d'envie tous les Hannibal Lecter de l'univers. Alors l'enquête piétine. Le duo retrouve la trace du serial killer? Doe avait prévu le coup, sème le plus vieux et manque de tuer le jeunot. Impossible à arrêter, le criminel se rend en définitive de lui même à la police et se met à prêcher les héros. Lors de cette scène, Kevin Spacey, incroyablement charismatique, hypnotise littéralement le téléspectateur, tiraillé entre les arguments du tueur (tout le monde vit dans le péché, cohabitant avec des pourritures sans nom et laisse aller) et ses méthodes. La scène finale est magistralement interprétée (le trio d'acteur a rarement été aussi bon) : la caméra et la musique deviennent hystériques, le cœur du spectateur bat à tout rompre, le piège se referme. Le héros devient l'assassin et le tueur parvient à ses fins.
Rares sont les scénarios (du moins à l'époque) poussant leurs héros aussi irréprochables dans les bras du méchant de service. Le twist final est tout de suite devenu un exemple du genre et l'effet fonctionne toujours aussi bien, et ce malgré le fait qu'il est assez facile à deviner aujourd'hui. Andrew Kevin Walker transforme donc l'essai avec un premier scénario anti manichéen, intelligent et novateur.
.Brad Pitt. Collection Christophe L.

En résumé : Un scénario surprenant mis en scène par un David Fincher sombre et pervers et interprété par un trio d'acteurs exceptionel.

****

"Ernest Hemingway once wrote, "The world is a fine place and worth fighting for." I agree with the second part."
- Willliam Sommerset (Morgan Freeman)

*S.M.*

vendredi 27 novembre 2009

Woke up this Morning (Les Soprano)




Au début il y’avait un créateur du nom de David Chase et une chaîne appelée HBO.

Le tableau commence ainsi peu à peu à prendre forme aux Etats-Unis d’Amérique : Un homme admire des canards se baignant dans la piscine d’une grande villa au new jersey, regrettant déjà leur départ. Un autre rentre tranquillement dans une boulangerie pour acheter des croissant tandis qu’une grande réception est organisée par une femme. Les enfants jouent, les adultes discutent, une famille ordinaire vivant une vie ordinaire un jour ordinaire…

Et pourtant détrompez vous…

Vous venez, ce matin en vous réveillant puis en allumant votre télévision de pénétrer dans l’univers impitoyable des Soprano… A partir d’aujourd’hui ne comptez plus beaucoup sortir, faites des provisions, soyez sur que votre famille est auprès de vous, j’ai l’immense devoir de vous annoncer que vous allez rester scotchés sur votre canapé, six saisons durant.

Car c’est toujours avec plaisir qu’on découvre l’œuvre pleine de rebondissement de David Chase :

Anthony Soprano (James Gondolfini) est un chef de famille,un anti héros par excellence, qui souffre d’une maladie psychologique. Il choisit donc d’aller consulter une psy du nom de Dr Melfi (Lorraine Braco).Les portes de l’inconscient d’un mafioso vous sont ainsi ouvertes. Entouré de sa femme Carmela (Eddie Falco), sa fille Meadow (Jamie-Lynn Sigler) et enfin son fils Anthony Soprano Junior (Robert Iler), Tony Soprano traverse des crises existentielles, se remet en question, essaye tant bien que mal d'être un bon mari et un bon père de famille même si le FBI se pointe souvent à la porte. Et, pour cause, il est impossible d’oublier que de l’autre coté, il y’a une société spécialisée en ramassage d’ordure dont les employés sont de vrais ordures. Mais ces derniers sont des ordures qu’on aime et qu’on ne jettera pour rien au monde. A commencer par le « neveux » de Tony ,Chris Motlisanti (Michael Imperioli), tour à tour, tueur à gage , homme de main , capo et peut être héritier d'Anthony Soprano. Accompagné souvent par son ami/ennemi Pauli Gualteri (Tony Sirico), ils enchaînent les disputent, les plans « foireux » et les réconciliations comme nous le prouve le célèbre épisode « L’enfer blanc ». Sylvio Dante (Steve Van Zandt) est le consiglieri incontournable de Tony Soprano ne disant pas plus de dix mots par épisode mais marquant à tous les coups les esprits grace à ses mimiques qui imitent Robert de Niro. Citons aussi l’éternel bout en train Big Pussy (Vincent Pastore);parti de la série trop tôt ou peut être trop tard…

Oui, vous l'avez compris,influencée par "Le parrain" et "les affranchis", La « famiglia » italienne est enfin de retour sur petit écran pour vous faire stresser, aimer, parfois pleurer, et bien sur...mourir...de rire.


Ce que les Soprano ont de particulier c’est que ce ne sont pas toujours les mêmes personnages qui sont au centre de l’histoire. Ainsi des personnages qui n’ont pas d’importance au début d’une saison, qu’on ne remarque peut etre pas,peuvent devenir des personnages centraux, indispensables. C’est le cas de Bobby « Baccala » (Steve Shirippa) qui monte au devant de la scène lorsqu’il devient beau frère du boss,ainsi que de Vito Spatafore interprété par Joseph.R.Gannascoli qui nous a tous ému dans ce grand rôle de capo homosexuel. Et c’est magique avec David Chase il y’a toujours quelqu’un d’autre. Et cet autre c’est La grande et puissante famille new-yorkaise qui se déchire le pouvoir depuis un certain temps et qui va entraîner dans sa querelle la famille Soprano.

« Les Soprano , le plus grand évènement culturel de ces trente dernières années aux Etats-Unis » titrait le times. Un évènement qui touche aussi les plus grands acteurs hollywoodien.

Qui d’autre que Chris aurait pu oser donner un coup de poing à lauren Bacall dans son propre role ?

Qui d’autre que Tony Soprano aurait pu tirer une balle en plein torse au fusil à pompe à Steve Buscemi interepretant le role de son cousin Tony Blundetto ?

Et enfin qui d’autre que David Chase aurait pu intituler l’ultime épisode « Made in America » soulevant tous les problèmes que rencontrent cette grande puissance ?

En effet, les Soprano nous parle de pouvoir, de belles voitures, de jeunesses drogués , d’adultère, de mode , de boites de nuit réservées aux riches, de premiers soins apportés seulement si le porte feuille est rempli, de discriminations raciales et bien sur… de fric. Voilà où vont les Etats Unis aujourd’hui, nous dit Chase. Plus rien d’autre n’importe plus que les billets qu’on préserve à l’abri, que la place que prend l matérialisme,que l’image qu’on veut donner de soi même aux autres et qui est la plupart du temps mensongère. La manipulation médiatique des esprits, pousse des jeunes à faire la guerre en Irak tandis que d’autres sont désorientés ne sachant plus qui croire et que penser.


Seulement voilà, toutes les bonnes choses ont une fin et cela est malheureusement inévitable chez les sopranos... Un jour en vous réveillant,lorsque la derniere prise de vue du dernier épisode de la dernière saison sera passé, vous sentirez tout de travers. Vous allez vouloir consulter le net à la recherhe de plus d’informations mais vous ne trouverez rien. Et cela ne servira à rien de demander mille fois à son mari, à sa femme, à ses enfants,à ses proches voire aux canards, qu'en penser.Vous allez y réflèchir, vous tourmentez et c’est alors que David Chase aura réussi son plus grand pari, vous ne cesserez soudain plus jamais d’y croire. Les Soprano seront à tout jamais entrés dans la légende et la posterité.

A.B.A.