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dimanche 25 juillet 2010

Les plus courtes #5 : 35 mm.

Une fois n'est pas coutume, cette semaine LPC se présente sous la forme d'un jeu avec un court métrage trouvé sur le net intitulé 35mm et réalisé par, entre autres, Felix Meyer et Pascal Monaco.


35mm from Felix Meyer on Vimeo.


Ce 35mm a pour concept de résumer 35 films, plus ou moins cultes, en deux minutes seulement en les simplifiant le plus possible. Vif, beau et rythmé, ce court métrage est particulièrement original.
Saurez vous trouver la liste des films ainsi schématisés ?

Merci aux Nouveaux Cinéphiles d'avoir débusqué cette pépite.

dimanche 11 juillet 2010

Les plus courtes #4 : Vincent.

On reprend ce dimanche le rendez vous des Plus Courtes avec le premier film du très populaire Tim Burton : Vincent.



1982, Tim Burton se voit allouer un budget de 60 000$ pour réaliser un court métrage d'animation de 6 minutes au sein de la Walt Disney Compagnie. Il imagine alors l'histoire d'un enfant de sept ans, Vincent Malloy (Dupont en VF, sic), passionné, tout comme son créateur, par l'univers gothique de l'écrivain Edgar Allan Poe et par l'acteur emblématique Vincent Price.

Probablement l'un des meilleurs films du réalisateur, Vincent est peut être aussi ce qui se rapproche le mieux de l'image que l'on peut se faire du cinéma burtonnien, ce qui semble étrange à la vue de sa genèse. Noir et blanc, univers sombre, narration sous la forme d'un poème, on ne peut pas dire que la firme aux grandes oreilles nous ait habitué à ce style. Et pourtant la Walt Disney Co. a donc donné carte blanche à ce jeune prometteur qui n'avait alors travaillé que sur le concept de Taram et le chaudron magique !
Libéré de toutes contraintes, Burton trouve son style dont certaines griffes deviendront récurrentes dans une partie de sa carrière : créatures monstrueuses et créatives, architectures impossibles, jeux de lumières exagérés, détournement des codes... Comment ne pas penser à Beetlejuice ou au Nightmare Before Christmas d'Henry Selick, dont il a signé le scénario ? Vincent est en effet marqué par toutes les influences du jeune homme (le cinéma de Roger Corman, l'expressionnisme allemand) si bien qu'il semblerait que le court ne soit non pas fictif mais véritablement autobiographique. Même la physionomie du héros trouve des similitudes avec le cinéaste. On imagine alors quelle fut la joie qu'il éprouva lorsque Monsieur Price lui même accepta de conter sa création (il incarnera aussi le créateur d'Edward dans Edward aux mains d'argent)...

Malgré cette créativité folle et la confiance accordée, Disney prendra peur de la noirceur se dégageant du film et refusera de le distribuer. Cependant, les cadres reconnaitront le talent de l'auteur, à l'instar des jury des festival de Chicago et d'Annecy, et accepteront de diffuser son prochain court métrage "live" Frankenweenie avec Shelley Duvall.

*S.M.*

dimanche 18 avril 2010

Les plus courtes #3 : Foutaises.

Court métrage plus léger cette semaine avec Foutaises de Jean Pierre Jeunet.



En 1990, Jean Pierre Jeunet, réalisateur de plusieurs courts, s'attaque à la réalisation de Foutaises dans lequel Dominique Pinon, grand acteur à la sale gueule abonné aux films du cinéaste, énumère sans ordre précis tout ce qu'il aime ou non dans la vie.

Jeunet, à travers ce scénario de quelques lignes (une pour chaque idée, à vrai dire), nous offre un condensé de sa future carrière : un personnage commun, donc forcément un peu barré, aux préoccupations ordinaires (le coup de la goutte) mais dont la naïveté attendrissante cache quelque chose de plus profond (le questionnement sur la mort par exemple). C'est le bonheur quotidien des classes populaires (la petite folie du départ en vacances) que nous montre ici le réalisateur, un monde faussement enfantin, à l'instar de cette petite fille jouant sur un graffiti de pénis. Il y a quelque chose de Jaques Tati dans cette oeuvre, un Tati un peu désabusé, s'efforçant de gratter sous l'aspect morose des choses pour y découvrir de la bonté. Certaines séquences comme les enfants au parc ou la ballade des chiens font irrémédiablement penser à Mon Oncle.
Foutaises montre aussi le talent du réalisateur pour les décors, pour créer un univers visuel fort (le magnifique générique) et pour une réalisation qui peut sembler anodine mais juste et recherchée (les travellings, les cadrages, les inserts) ainsi que celui de Marc Caro (futur co-réalisateur de L'île des enfants perdus et de Delicatessen) pour le sens du rythme, vif et précis.

Ce court métrage sera lauréat de plusieurs prix, dont le César du meilleur court métrage 1991, ce qui lancera la carrière de Jean Pierre Jeunet vers de long métrages et l'idée du j'aime/j'aime pas (qui, à l'air Facebook et autres Twitter, trouve une nouvelle résonance) sera repris dans le grand succès Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain.
*S.M.*

samedi 3 avril 2010

Les plus courtes #2 : The Big Shave.

Deuxième "numéro" des plus courtes, toujours dans le choquant : The Big Shave de Martin Scorsese.


The Big Shave 1967 - Martin.Scorsese
envoyé par alsk59.

Premier court métrage en couleur du futur grand Martin Scorsese, The Big Shave met en scène un homme blanc vêtu d'un t-shirt blanc dans une salle blanche se rasant jusqu'au sang.

Derrière ce scénario on ne peut plus simpliste, ce court métrage de 1967 cache, selon le propre aveu de Scorsese, un réquisitoire contre la guerre du Viêt-Nam, avec un petit quelque chose de dépression :
Consciemment, c'était un hurlement de colère contre la guerre. Mais en réalité il y avait quelque chose en moi qui n'avait rien à voir avec la guerre. C'était juste une très mauvaise période. (1)
En effet, en 67, la bourbier Vietnamien est à son apogée et de nombreux étudiants manifestent dans tout le pays contre cette boucherie. Marty, 25 ans, récemment diplômé de la New York University, fait écho à ces révoltes à travers ce jeune homme qui se mutile, sans aucune raison et aussi machinal qu'un pantin, dans un univers aseptisé, ne s'apercevant pas de l'horreur.

Mais ce juste pamphlet ne doit pas cacher la maitrise technique de Scorsese, en particulier pour le découpage, le rythme et la virulence du propos.
Entrainée par la musique jazzy de Bunny Berigan, la caméra évolue dans l'espace clos et se pose sur différents objets de la vie quotidienne, comme sorti d'une exposition de Duchamp. Scorsese s'amuse ensuite à trancher dans le rythme de son court en hésitant pas à jouer avec sa table de montage : "faux" raccords, jeu avec les axes et avec le cadre... Autant d'expérimentations qui résonnent avec le travail de la Nouvelle Vague, née 10 ans plus tôt. Cette découpe brutale semble d'abord avoir pour but d'ironiser sur la mise en scène lorsque le jeune homme enlève son t-shirt puis d'insister, de souligner son propos lorsqu'il finit par s'égorger.
La musique, toujours aussi importante chez Scorsese, joue sur la déstabilisation du spectateur. Claironnante et enjouée, I Can't Get Started, chanson de la Seconde Guerre Mondiale, exprime le voyage (on comprend bien la parallèle), tandis que les images, en rythme, se suivent. Mais, comme le dit Alexandre Tylski, "la musique est presque silencieuse [lors du geste final] alors qu'on aurait pu s'attendre à une explosion musicale. L'effroi du spectateur en est d'autant plus saisissant" (2).
Le court finit alors dans une apothéose sanglante, où le rouge inonde littéralement l'écran dans une parodie de la paranoïa anticommuniste de l'époque.

Sources
(1) David Thompson et Ian Christie, Scorsese on Scorsese, Faber and Faber, Londres, 1989.
(2) "Le Cinéma Saigné", Alexandre Tylski, Cadrage 2001.

*S.M.*

samedi 20 mars 2010

Les plus courtes... #1 : Un Chien Andalou.

Les Esprits Critiques inaugure un nouveau rendez vous - que l'on pense être - bimensuel : Les plus courtes...
Ces notes auront pour vocation - en toute modestie, bien sûr - de faire (re)découvrir un court métrage réalisé par un grand réalisateur ou votre voisin (n'hésitez donc à nous envoyer vos liens), accompagné d'une courte "analyse".

Cette semaine donc, Un Chien Andalou de Luis Bunuel (1929).
Attention, le film peut choquer...

Véritable étrangeté dans le monde cinématographique, Un Chien Andalou est le premier film du fameux Luis Bunuel, co-scénarisé par l'artiste surréaliste Salvador Dali et réalisé en France en 1929.

Ce film de 16 minutes est une véritable expérience, une oeuvre d'art qui n'a pas de précédent au cinéma. Imaginé en seulement une semaine, le scénario, légèrement parodique de la narration classique (les cartons, le balcon, le couple et la Lune, clichés du film romantique), n'offre pas d'histoire plausible ou même explicable. On peut, à la limite, penser que nous suivons un homme surmontant divers obstacles pour retrouver sa bien aimée. Cependant, comme semble l'indiquer le coup de rasoir dans l'oeil, Bunuel (c'est lui qui tient le rasoir) nous invite à changer de regard face aux images qui vont suivre, de quitter une vision classique.
Ainsi les artistes nous offrent diverses images (dont quelques fuites des oeuvres de Dali), toutes plus incohérentes et folles que les autres : un âne mort sur un piano, des seins se transforment en fesses, des fourmis plein le bras (comme l'expression ?), les personnages empruntant une porte qui donne sur la même pièce... Et pour cause, les seuls restrictions que se sont donnés les auteurs étaient l'absence total de sens.
Bunuel explique :
Nous travaillions en accueillant les premières images qui nous venaient à l’esprit et nous rejetions systématiquement tout ce qui pouvait venir de la culture ou de l’éducation. Il fallait que ce soient des images qui nous surprennent et qui soient acceptées par tous les deux sans discussion.
C'est pourquoi, le film ressemble à un doux cauchemar, à un rêve horrible, se rapprochant plus d'un cadavre exquis que les films habituels de l'époque, Bunuel reniant toute les interprétations possibles. Le film reste en outre, encore aujourd'hui, un fabuleux et virulent manifeste à l'imaginaire débridé et à la liberté artistique.

Vu l'année, l'accueil fut étrangement très bon (si on met de côté les évanouissements, les avortements et les quelques 50 dénonciations à la police) ce qui déplut fortement aux deux artistes qui prirent cette gloire comme l'acclamation "d'un public abruti par les revues et "divulgations" d'avant garde, qui applaudit par snobisme tout ce qui semble nouveau et bizarre."
Ce court métrage fera connaitre les auteurs au mouvement surréaliste de Breton, Man Ray et Aragon et lancera la longue carrière cinématographique de Bunuel.
Sources :

*S.M.*