dimanche 6 décembre 2009

Yuki et Nina : promenons-nous dans les bois...

Yuki, jeune métisse franco-japonaise de 9 ans, apprend que ses parents vont se séparer et qu'elle devra déménager au Japon avec sa mère. Elle décide alors de faire son possible avec Nina, sa meilleure amie, pour empêcher l'inévitable. Après quelques idées infructueuses, elles choisissent de fuguer.

Hippolyte Girardot cosigne ici son premier long métrage avec le réalisateur japonais Nobuhiro Suwa, déjà remarqué pour ses films tels que M/Other, H story ou encore Un Couple parfait (déjà en partenariat avec la France). Yuki et Nina a tout du téléfilm de France 3 suivi par les ménagères (ne m'obligez pas à citer L'Instit...) : un drame familial tout ce qui a de plus banal, le film centré sur les enfants, etc. Mais voila contrairement aux téléfilms sus-mentionnés, le film touche à la vérité (et à la perfection, soit dit en passant comme ça vous savez à quoi vous attendre).

En choisissant de faire jouer deux enfants non professionnels ("Pas comme ces singes savants américains, redoublés par des femmes adultes essayant tant bien que mal de les imiter, ce qui est vraiment ridicule...", dixit Girardot à l'avant première à Lille du 4 décembre 2009), les cinéastes prennent le pari soit de se planter, soit de faire du film une œuvre intense, dense et, par dessus tout, crédible. Et... (suspens) pari tenu. La petite Noë Sampy n'essaye donc pas d'être une enfant réservée, traumatisée par le divorce de ses parents mais ne le montrant pas, elle l'incarne avec une fragilité et un caractère propres aux "vrais" enfants. De même, la petite Arielle Moutel, autre pendant de cette enfance si proche et en même temps si lointaine, apparait aussi autoritaire que touchante. Les deux actrices adultes, Marilyne Canto et Tsuyu Shimizu (amatrice), sont exceptionnelles dans leurs rôles de mères désarmées face à l'incompréhension de leurs filles.

Bien qu'il soit loin d'être ennuyeux, le film suit un rythme assez lent, idée renforcée par des plans séquences d'une beauté extrême (Tsuyu Shimizu se mettant réellement à pleurer lors d'une scène et s'excuse non pas auprès de sa fille mais des réalisateurs) où le spectateur expérimente le temps qui passe, temps qui est l'ennemi de l'amour et de l'amitié, ce que comprendra la jeune Yuki.
Jamais de tout le film les cinéastes sombrent dans le danger, ô combien tentant, du misérabilisme et la sur-accumulation dramatique.
La deuxième partie du film est marquée par une ambiance merveilleuse de contes où les deux jeunes filles s'enferment dans leur monde empli de débats sur les loups-garou et de cochons dans le ciel. Épisode d'une beauté infime et d'une liberté absolue, tant dans la forme, dans le jeu ou dans le scénario. Aussi, le film tire sur le fantastique lors d'une ballade de Yuki qui se mêle à son imagination et rappelant les grandes aventures de notre enfance faits de précipices/trottoirs et de lacs de lave/passages piétons. En outre, cette ambiance mêlée à une thématique très japonaise (la forêt semble réellement posséder une âme à travers la caméra des cinéastes, par un jeu de lumière par exemple) n'est pas sans rappeler les films de Hayao Miyazaki (Le Voyage de Chihiro, Mon Voisin Totoro...).
La fin du film verra la réconciliation de la mère et de la fille, lorsqu'enfin cette première se souviendra de l'enfant qu'elle a été et qu'elle a vécu les mêmes tourments que sa fille.
En résumé : Cette coréalisation franco-japonaise montre toute la virtuosité de Girardot et de Suwa lorsqu'il s'agit d'être au plus près de l'enfant, ses craintes et son monde ainsi que du thème du divorce sans jamais tomber dans le mielleux et l'overdose émotionnelle.
***°
"J'ai eu peur que tu te perdes, peur que tu reviennes pas..."
Frédéric (Hippolyte Girardot)
*S.M.*

2 commentaires:

jesus2099 a dit…

Bravo pour cet article, j'ai moi-aussi beaucoup aimé ce film !

Anonyme a dit…

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