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vendredi 24 septembre 2010

Inception : La science des rèves.

Oubliez les micros, les appareils photos et les faux badges, l’espionnage industriel à l’ancienne, c’est has-been. Désormais, ce sont les rêves qui sont la proie des « extracteurs », des voleurs scientifiques de l’inconscient. Dom Cobb, probablement le meilleur dans cette nouvelle branche professionnelle, est engagé par Saito, riche homme d’affaires japonais, pour une mission bien plus difficile que la simple extraction : « l’inception », soit l’implantation d’une idée originale dans le rêve de la victime.  
Véritable évènement cinématographique de l’été, le nouveau long métrage de Christopher Nolan, l’auteur geek ultra bankable depuis l’excellent Dark Knight, Inception, est une sorte de film d’action best of à l’intelligence flagrante et fulgurante. 

Labyrinthe onirique ou jeu de poupées russes fantasmagoriques, le film de Nolan nous invite à oublier la douce (et certes malsaine) rêverie de Satoshi Kon (cf. Paprika, qui pourrait en être le prologue) et la théorie interprétative populaire de Freud pour plonger dans les méandres du cerveau humain, sombres et violents. Car même si la carte du « tout est permis dans les rêves » est à l’origine ludique (la présentation à la jeune Ariane et la scène déjà culte du retournement de Paris), la règle du rêve se retournant contre l’intrus entraîne un certain malaise et une férocité réelle. Il est par ailleurs regrettable que Marion Cotillard, actrice la plus faible (pas forcément mauvaise pour une fois) du brillant casting (on a hâte de revoir Gordon-Levitt, peut être en Riddler dans Batman 3 ?), incarne la plupart du temps cette agressivité. Pour la sauver, on peut se dire que la légère faiblesse dramatique du scénario (influencé, cette fois ci, par Solaris de Tarkovsky, film traitant lui aussi de l’immersion dans l’imaginaire) ne la met pas à son avantage ; une lacune peut être décidée par le réalisateur, les pleurs dans les chaumières ne semblant pas sa priorité. 

Ce qui intéresse Nolan, c’est le développement et la complexité des possibilités qu’offre sa création, en particulier le système de plusieurs niveaux, qui n’est rien d’autre qu’une utilisation originale du montage, technique qui existe depuis une centaine d’années. Chaque niveau de rêverie des personnages entraine un nouvel univers toujours référencé (Matrix, James Bond ou film de braquage). Cette diversité spectaculaire de différents genres en un même film, parfaitement rythmé dans sa deuxième partie (la première étant marquée par quelques longueurs dues à l'explication lassante du même concept) tout en se déroulant en parallèle, n’est possible que par la maîtrise du scénario et la mise en scène, vertigineuse.


En résumé : Inception est tel que nous a habitué Christopher Nolan depuis Batman Begins : un blockbuster intelligent, vif, brillamment mis en scène et interprété. Cependant, malgré ces qualités indéniables, le film peine un peu à provoquer une sincère émotion et subit quelques longueurs par ses répétitions lassantes du même concept.
***
« You mustn't be afraid to dream a little bigger. »
Eames  (Tom Hardy)
*S.M.*

mercredi 26 mai 2010

Lost : Il était une fois, sur une île (presque) déserte.

[Attention spoiler]



On a tous grandi avec Lost. Que ce soit à travers les conversations de nos amis ou le petit écran. Ça a donné envie à certains de se lancer dans le monde des séries et à d'autres de découvrir toutes les mythologies du monde. Ça nous a inspiré des aventures sans fin et ça a fini même par s'incruster dans nos rêves.
Elle était belle l'époque où le samedi soir on préférait regarder Lost sur TF1 au lieu de sortir avec les amis. Et il y a ceux qui ne pouvaient pas attendre alors ils se procuraient la version américaine. Les poils se hérissaient et les yeux savouraient :

"Previously on Lost"

On avait tous un petit air de chanson qui trainait au coin de notre tête : You All Everybody des Driveshaft et on était tenté de jouer les chiffres "maudits" au loto du coin. On allait sur le site de Oceanic Airlines pour trouver déjà des réponses à nos questions et on ne ratait pas un seul web épisode.
Pendant ce temps là, diffusée dans 120 pays du monde, la fièvre Lost gagnait la terre entière et les critiques étaient unanimes : Lost allait révolutionner le monde des séries.

En 2004, le vol 815 d'Oceanic Airlines se crash sur une île déserte. Presque 50 rescapés doivent apprendre à vivre au quotidien dans cet environnement hostile et assez étrange où une fumée noire semble anéantir les rescapés. Un ours polaire apparait et bientôt d'autres habitants de l'île veulent mener des expériences sur les survivants. Et si les secours n'arrivaient jamais?

D'épisodes en épisodes, l'histoire devient de plus en plus intrigante frôlant la science fiction et le fantastique. Les interviews se multiplient pour l'équipe de tournage et les recherches s'intensifient du côté des fans.

J.J Abrams, connu au cinéma pour Mission Impossible et producteur de Cloverfield, affirme certainement avec Lost (après Alias) sa place au sein du monde du visuel. Accompagné dans l'écriture par Jeffrey Lieber et plus tard par Damon Lindelof, il abandonnera pourtant trop tôt l'aventure. Les scénaristes semblent eux mêmes devenir des "losties" sans leur mentor et quelques saisons plus tard, on perd vite les pédales. Et pourtant, en bons fans, on espère.

"Avez vous la moindre idée de là où je vous amène ?"

L'espoir c'est aussi ce qui fait vivre les personnages sur l'île. Car on ne tarde pas à comprendre que c'est bien elle le personnage principal. Elle qui commande qui doit venir et qui doit mourir. Elle encore qui abrite cette source. La source de la vie et de la mort qu'il faut protéger.
Alors, reprenons. "Previoulsy on Lost" :

Lost, c'est l'histoire d'une île qui abrite un petit meurtre en famille. Deux enfants échouent sur l'île avec leur mère. Cette dernière est tuée par une femme qui les adopte. Plus tard, elle leur dira qu'elle est la gardienne de l'île et qu'il faudra bientôt un successeur. Jacob et son frère grandissent. Le premier ne se pose pas beaucoup de question tandis que le deuxième veut quitter l'île, voir ce qu'il y a derrière. A cause de son ambition, sa mère, un peu folle qui considère l'homme comme le mal absolu, finira par le laisser pour mort. Il la tuera par la suite et Jacob découvrant le cadavre de sa mère adoptive, tuera son frère en le jetant dans la source. Son esprit de vengeance, aidé par la source, le transformera en ce que les "losties" appellent "le monstre" ou "la fumée noire" (Smokey).
En 2004, Jacob, se faisant vieux dans sa lutte contre la fumée cherche donc un successeur. Les candidats du crash de l'Oceanic Airlines sont arrivés à temps. Smokey joue avec ces derniers, cherchant lui-même un candidat pour satisfaire son ambition de jadis : quitter l'île.

Et il faudra un épisode aux scénaristes (seulement un seul le 616, What they die for) pour nous raconter tout ça. Quant aux autres questions, celles que tout le monde s'est posé pendant toutes ces années, celles là même qui alimentaient toutes les rumeurs, qui nous faisaient rêver, voyager et frémir ne trouveront malheureusement et pour jamais, aucune réponse.




" “Lost” ended tonight, and with it the hopes and dreams of millions of people who thought it might finally get good again. "
Max Read dans Gawker.

Ce qu'il faudra retenir de Lost, nous dira-t-on, c'est cette relation humaine entre les personnages. Il n'y a pas de bons comme il n'y a pas de méchants. Tous êtres humains, oui oui, même Smokey. Lost aura réussi à aller au delà des clichés : Sayid n'est pas l'arabe qui a fait exploser l'avion, Sun n'est pas la femme asiatique soumise à son mari Jin, Kate n'a pas tué son beau père pour le plaisir du crime, Hurley n'est pas un homme riche et comblé, Locke n'est pas l'homme courageux qu'il voudrait tant nous faire croire, Jack n'est pas si heureux que ça en sauvant des vies, Sawyer n'est pas qu'un bad boy aux répliques foudroyantes, Ben n'est pas l'ennemi, Richard n'est pas celui qui sait tout, Jacob n'est pas tout blanc et Smokey n'est pas tout noir.
Une fois la morale passée et comprise, il reste les mystères. Parce que si c'est pour discuter du bien et du mal, autant regarder Star Wars une énième fois, Hurley en a si bien fait la publicité.
Et en parlant de publicité, il y'en a eu quarante cinq minutes pour le dernier épisode de Lost à 900 000 dollars les trente secondes. Autant nous dire tout de suite que Lost était devenu affaire d'argent pour ABC avec quelques douze millions de spectateurs aux Etats Unis.
"Lost a pris fin ce soir emportant les espoirs et les rêves de millions de personnes qui voulaient croire que ça pouvait encore donner quelque chose de bon."
Parce qu'en fait, Lost, de notre côté, ça faisait longtemps qu'on espérait plus vraiment. En parcourant les forums et en parlant avec nos amis, nous nous en rendions peu à peu compte. La saison 4 battait déjà de l'aile quand après tant d'effort pour en sortir, "ils" ont tous décidé de retourner sur l'île. Il faut sauver ceux qui y sont restés la dernière fois, nous dit-on.
Quelques flopée de morts plus tard, tout le monde veut revenir au monde moderne. Fin de la saison 3, c'était la même ambition. C'est l'histoire du serpent qui se mord la queue.

Et pourquoi?

"Pourquoi ?"

A ce qu'il paraît, on ne pose pas les bonnes questions. Ce n'est pas ça l'essentiel, nous disent les scénaristes à travers la bouche de Smokey qui lui même toute sa vie s'est demandé pourquoi.
Pour rien du tout. Ou plutôt parce que même les scénaristes ne savent plus quoi nous raconter. Ne savent plus quoi nous expliquer. A vouloir trop en faire sans jamais eux mêmes revenir sur le show qu'ils présentaient, ils se sont perdus.
Alors, la réalité X ou réalité alternative est là pour sauver la mise. Et en y réfléchissant, il n'y avait pas vraiment d'autres moyens pour se sortir du mauvais rêve qu'était devenu Lost. Il fallait inventer un monde où tout le monde paraît uni et heureux. Sans problèmes particuliers. Ce monde en fait, c'est le monde que découvre Jack après sa mort et sa courte nomination en tant que protecteur de l'île. Parce que oui, il meurt. Mais tout le monde finit par mourir nous dit Christian Shepard, le père de Jack.

"This is the place that you all made together so that you could find one another."
Christian Shepard

En fait, dans Lost, tout le monde meurt à la fin. C'est un peu l'histoire de la vie. Un beau détournement d'attention quand on pense que pendant six ans on nous a (bien) fait comprendre que, comme je l'ai dit précédemment, le personnage central est l'île. N'essayez pas de chercher une réponse à toutes vos questions. Quand les cinq dernières minutes arrivent, on devine qu'il n'y en aura plus. C'est le dernier au revoir aux personnages. Il aura fallu un purgatoire pour tous les réunir, un concert de Driveshaft, un Desmond plus lucide que jamais et un père Shepard en maitre de cérémonie. Les couples sont enfin réunis. Tout le monde est là. Sauf ceux qu'on n'a pas invité au casting du final. Walt en fera partie avec tous les mystères autours de ses nombreux pouvoirs. On pousse la porte, la lumière se fait vers un autre monde.
"Où allons-nous ?" demande Jack à son père.
"Allons donc voir." lui répond-t-il un large sourire aux lèvres.
L'oeil de Jack s'éteint sur l'île alors qu'il voit dans le ciel Kate, Sawyer, Desmond, Richard et Lapidus quittent l'île à tout jamais à bord de l'avion d'Ajira . On ne nous avait pas dit que l'histoire se déroulait du point de vue de Jack...
On a alors le droit de se demander s'il a rêvé le purgatoire ou si celui ci est bien réel.
Et s'il avait rêvé l'aventure Lost?

On a tous grandi avec Lost. On en a peut être trop espéré. On l'a peut être trop rêvé, nous aussi. Et la chute fait mal.




A.B.A

lundi 29 mars 2010

Cowboy Bebop : Far Space.

Il existe des oeuvres qu'il est assez vain de critiquer car tout le monde est d'accord pour en clamer les mérites. Il en existe d'autres qui changent totalement votre perception d'un format donné. Cowboy Bebop, l'aventure spatiale de Schinichiro Watanabe, fait partie de ces deux catégories.

En 2071, Spike Spiegel et Jet Black, chasseurs de pimes grandes gueules et bras cassés, sillonnent le système solaire à bord de leur vaisseau, le Bebop, à la recherche de criminels. A travers leur périple, qui nous dévoilera le passé caché et hors du commun des personnages, ils feront la connaissance d'un chien "data" nommé Ein, d'une joueuse sur endettée et amnésique, Faye Valentine, et enfin Ed, une jeune hacker survoltée.

Avec un tel scénario, dur de se faire à l'idée qu'on a là un chef d'oeuvre de l'animation japonaise. Et pourtant, dérrière ses airs simplistes se cache un véritable drame mettant en scène des personnages charismatiques qui gagneront en épaisseur tout au long de la série. En effet, la série quittera peu à peu la monotonie de la chasse à la prime pour s'attacher aux personnages et leurs personnalités tourmentées. Ainsi, Spike sera rattrapé par son passé mafieux pendant que Jet se confrontera à d'anciens coéquipier lorsqu'il était dans l'ISSP, la police du système solaire. Quant à Faye, la recherche de ses souvenirs perdus ne se fera pas sans douleur et sans surprise.
En outre, l'une des grandes forces de la série a été de créé un univers cohérent et vivant : que ce soit sur les villes corrompues de Mars ou dans les nombreux vaisseaux, à deux doigts de la panne fatale, les personnages y ont une histoire et ne s'arrêtent pas de vivre lorsque le spectateur n'est pas là. Ainsi, trois vieux vieillards parlent avec nostalgie de leur jeunesse sur Terre, les villes sont remplies de pauvres clochards ou de marchands/arnaqueurs ambulants et les alentours de la villes sont gardés par de gigantesques publicités... Bref un univers qui se révèle être sombre (mais non dénué d'humour), maitrisé et recherché.

L'autre force de Cowboy Bebop, comme son nom l'indique, est le mélange des genres. En plus du travail évident sur le western (principalement italien, comme l'indiquent les plans sur les yeux, relents de Sergio Leone) et sur la science fiction (2001 : A Space Odyssey), la série aborde une multitude d'autres thèmes tels que la mafia, les arts martiaux (Bruce Lee), le trafic de drogue (les cartels mexicains), la culture chinoise (les Chinatown), le film noir (à la Bogart), la blaxploitation, le fantastique, le film d'horreur (Alien) et même... Pierrot le Fou de Jean Luc Godard (qui donne son nom à un épisode) ! Cet amour pour le cinéma se fait d'ailleurs la réalisation très complexe pour une série d'animation : flou, jeu de lumière, tremblement, plan séquence ou montage rythmé, vue subjective, plongé et contreplongée.... Cowboy Bebop fait la part belle à une réalisation cinématographique de haute qualité.

L'image ultra travaillée de la série (personnages et véhicules racés, environnement détaillé, animation réussie) ne serait rien sans une bande sonore du même niveau. Or, l'intelligence de Watannabe a été de s'entourer d'une grande compositrice qui offre là tout simplement la perfection. En effet, à l'image des référence cinématographiques, la bande originale brase tous les genres musicaux : du jazz, genre de prédilection de la série, au hard rock, en passant par la pop, les ballades rock et le blues, Yoko Kanno et son "groupe", The Seatbelts, semblent avoir un don particulier pour n'importe quel style. Et, chose rare, les albums sont si somptueux que vous pouvez vous surprendre en train de les écouter pour la 10ème fois.
Enfin, que ce soit en version originale ou en version française (avec, malgré tout, un petit moment d'adaptation), les doubleurs maitrisent leur sujet et font beaucoup dans la personnalité des personnages.

La série a connu une "suite" au cinéma, très réussie mais souffrant d'un petit manque de rythme, à travers le long métrage Knockin' on Heaven's Door, dont le titre est déjà témoin d'une certaine influence, et aura prochainement une adaptation "live" avec Keanu Reeves dans le rôle de Spike (sic).


En résumé : Cowboy Bebop est un chef d'oeuvre de l'animation japonaise réalisé d'une main de maitre cinéphile par Schinichiro Watanabe, dont la multitude de références donne un ton particulier à cette fresque futuriste et complexe, rythmée par la géniale composition de Yoko Kanno.
****
" See You Space Cowboy. "
*S.M.*

dimanche 21 février 2010

Avatar

Après Titanic et comme cela était mentionné dans la bande annonce, James Cameron nous promettait donc, d'ores et déjà, un nouveau chef d'oeuvre (si nous pouvons qualifier Titanic de chef d'oeuvre, bien sûr). Aussi, il y a quelques temps, Avatar sortait en salle, provoquant un vaste engouement de la part du public dans le monde entier pour cette histoire que le réalisateur/scénariste aurait, soi disant, mis des dizaines d'année à écrire :

L'aventure se déroule dans un futur qui semble lointain, dans un monde très lointain lui aussi : la planète Pandora que l'homme a déniché à des années lumières de cette bonne vieille Terre. Une nouvelle planète où vivent des créatures du nom de Na'vi, des extraterrestres bleus, pourrions nous dire, et qui se trouvent en parfaite harmonie avec la nature qui les entoure. Les Na'vis n'exploitent pas les énergies naturelles de leur monde afin de moderniser leur vie mais préfèrent se tourner vers des rites "religieux" et des croyances magiques. L'homme quant à lui, qui, vous l'aurez compris, a le mauvais rôle, veut exploiter les énergies de cette terre qui ne lui appartient pas. Pour ce faire, il crée des avatars qui sont des des hybrides créés génétiquement en croisant l'ADN humain avec celui des habitants de Pandora afin d'infiltrer la communauté Na'vi. Il se trouve que le héros de notre histoire, Jake Sully, un marine en fauteuil roulant(qui a toutes ses jambes dans le monde de Pandora), tombe très vite amoureux de cette nouvelle terre ainsi que d'une Na'vi. Il fera ainsi tout pour préserver Pandora et sa dulcinée, se dressant contre ses semblables.

Il est alors tout à fait légitime de penser qu'il y a comme un air de déjà vu. Rappelez vous, c'était au temps de la conquête de l'Amérique, un célèbre homme blond britannique foule alors le sol des Indiens afin de conquérir le continent de notre chère Pocahontas. Le scénario d'Avatar n'apparait donc pas comme la meilleure facette de ce film qui pourrait presque nous dire "la violence pour conquérir une terre ne sert à rien, au contraire, il faut savoir la préserver". Voici donc, une belle petite morale de la part de la plus grande industrie américaine de tous les temps : Hollywood... On pourrait presque y croire.
Que reste-t-il donc de bien dans ce film ?
C'est des lunettes 3D qui donnent l'air de vouloir faire de la plongée sous marine qui répondent à la question. Il faut dire que le film est extrêmement bien réalisé, en prévision de cette troisième dimension. Les décors sont exceptionnels et les couleurs du monde de Pandora bien choisies. L'informatique atteint là un sommet. On ne parle pas de Chéri, j ai rétréci le public, cette célèbre attraction de Disney où toute la salle se mettait à crier quand elle manquait de se faire dévorer par une fourmi pendant 3 minutes. Non, il s'agit bien là, d'un film en relief 3 dimensions qui dure bel et bien 2h41 sans interruption d'effets plus surprenants les uns que les autres. On en a plein les yeux. On nous donne ce qu'on voulait, ce dont tous les journaux et les télés ont parlé pendant un mois. Alors, on semble satisfait.

Et, une fois le film fini, on remonte à la surface, on enlève les lunettes, on respire un bon coup et on prend du recul. Comme La Sortie de l'usine des frères Lumière, ce film marquera surement l'histoire du cinéma. Il sera donné en exemple comme premier film en relief 3D, mais surement que les enfants de nos enfants rangeront ce film dans les archives qu'ils ne souhaiteraient voir qu'en cas de longues études dans le domaine du cinéma.

A.B.A.