En résumé : Inception est tel que nous a habitué Christopher Nolan depuis Batman Begins : un blockbuster intelligent, vif, brillamment mis en scène et interprété. Cependant, malgré ces qualités indéniables, le film peine un peu à provoquer une sincère émotion et subit quelques longueurs par ses répétitions lassantes du même concept.
Un blog cinéma et série TV par Abir Ben Abdallah et Sebastien Minnebo. Since 2009.
vendredi 24 septembre 2010
Inception : La science des rèves.
En résumé : Inception est tel que nous a habitué Christopher Nolan depuis Batman Begins : un blockbuster intelligent, vif, brillamment mis en scène et interprété. Cependant, malgré ces qualités indéniables, le film peine un peu à provoquer une sincère émotion et subit quelques longueurs par ses répétitions lassantes du même concept.
mercredi 4 août 2010
Man on Fire : Du sang et des larmes.
A l'instar de Denzel Washington, arme humaine à la moue facile et au sourire furtif, rien ne semble arrêter Tony Scott. Car en voulant réaliser un thriller d'action et sentimental, le cinéaste se heurte à toutes les fautes du genre et plonge droit dans le piège du film aux gros bras sans cervelle. Et encore.
Parce qu'il falloir au spectateur en quête d'action une patience exemplaire pour s'accrocher et subir prés d'une heure et demi de torture psychologique à base d'amitié entre l'alcolo à la recherche de rédemption et la gamine tellement attendrissante qu'elle en devient insupportable (Dakota Fanning, petite blonde aux yeux bleus qui semble avoir tout pris de sa mère dans le métissage). Dans méli mélo pathétique, Scott nous ressert la même rengaine hollywoodienne et ses clichés intolérables : dialogues d'une débilité et d'une miévrerie écoeurantes, scènes improbables (entrainer une gamine de huit ans à la natation à la méthode des marines américains, ça ne fait pas réagir les parents), rapprochement aussi subite que prévisible, personnages à la psychologie limitée... On se demande ainsi si Scott a lui même des enfants pour montrer un être doté d'une telle perfection. Mais soit, cette première partie fastidieuse a pour but de nous attacher aux personnages et craindre pour leurs vies. Raté.
Quand les paupières menacent dangereusement de se fermer, la partie testostérone commence enfin, pour le plaisir de ces messieurs (et certaines de ses dames, ne soyons pas misogynes). Consistant uniquement à une série de scènes de torture et de barbarisme douteuses (soit Scott est bien étroit d'esprit et ne connait pas la pitié, la dignité ou le pardon, soit il a voulu refléter un certain soldat américain de base et on peut facilement le taxer d'antiaméricanisme primaire), l'heure qui reste ressemble à n'importe quel film de sa filmographie (ou à n'importe quel film d'action, d'ailleurs). On vous cache en effet le plaisir de voir qu'en 2003, il est encore possible de réaliser des scènes d'explosion au ralenti avec le héros marchant face caméra, le visage fier et droit, lunettes de soleil sur le nez. Ou encore de faire résister ce même héros a une dizaines de balles dans le corps, sans aucun humour ou ironie sous-jacente (contrairement à des films à la Die Hard). Et n'oublions pas la figure de style préférée du cinéaste (qui semble avoir un partenariat avec des compagnies d'Aspirine) que l'on retrouve dans toute sa filmographie, consistant à un montage épileptique de n'importe quelles images sous la main, mise sans dessus dessous, zoomées, accélérées, ralenties et répétées (bizarrement aussi disponible sous les formats "dramatiques" et "flashbacks").
Le film de Scott nous avait par ailleurs habitué à une subtilité proche du néant par sa description d'une Mexique ultra corrompue (y-a-t'il un flic intègre dans le pays ?) et répugnée au plus haut point (Scott se permet même d'ironiser dans le générique de fin en remerciant Mexico City, "un endroit très spécial"), sans parler de la philosophie "à deux balles" ("Une balle dit toujours la vérité.") ; mais c'est finalement la finesse de sa morale qui trouble le plus. Man on Fire semble effectivement tenir le même discours que Taxi Driver : une sorte de croisade vindicative mêlée de rédemption et de grand nettoyage, guidée par Dieu (le héros connait la Bible, évite le suicide par un miracle et reste accrochée à son Saint jusque la fin) et par la folie engendrée par les stigmates de la guerre (Afghanistan, ici, vs Vietnam, chez l'autre). Sauf que là où Scorsese montrait l'aliénation de son héros à travers le regard des autres, Scott montre que tous ses proches (relatifs), des gens "normaux" (la mère, les deux seuls Mexicains à peu près honnêtes) l'aident et l'encouragent dans ses choix...
En résumé : Thriller d'action insipide ou film sentimental d'une mièvrerie dégoulinante, Man on Fire accumule les clichés et fautes de gout jusque dans sa morale douteuse, où Tony Scott ne fait qu'expliquer que la pitié et la dignité n'a pas sa place dans la vengeance.
vendredi 30 juillet 2010
Zombieland : No man's land.
Depuis The Night of the Living Dead du roi des zombies, George A. Romero, en 1968, de nombreux films de genres sont sortis sur le même principe : une poignée de miraculés versus le reste de l'humanité transformée en cadavres ambulant mangeurs de chaire humaine. A partir de ce schéma, libre aux auteurs de broder afin de créer des scénarios plus ou moins bons, plus ou moins inventifs à l'instar de Romero, dont les films étaient toujours au bord de la critique politique.
Zombieland ne fait pas exception à la règle : un scénario plus que basique (un groupe de survivants lancé dans un road trip à la recherche d'un refuge, plus une amourette, plus un désir de vengeance), des personnages stéréotypés (le geek, la machine de guerre, la bombe qui en joue et la gamine précoce), des rencontres inopportunes et épanouissantes, des décors magnifiques et vides (l'avion sur l'autoroute, le parc désert) et surtout du gore, du gore et encore du gore (splash la tête). Seulement, le premier long métrage de Ruben Fleisher crée véritablement la surprise, principalement grâce à quelques morceaux de bravoure dans sa réalisation (cf. le générique, monumental) mais surtout par son humour.
Là où la force humoristique d'un Shaun of the Dead trouvait sa source dans le détournement des codes du genre tout en les respectant, Zombieland lui crée plutôt un nouveau langage associé au film de zombies, en particulier à travers le guide de survie du personnage principal, probablement l'idée la plus originale. En effet, bercé par les films pop corn, les jeux vidéos et les comics (le style d'affichage, lieu d'une certaine recherche scénique, en est l'énorme référence, comme l'avait fait la série Heroes), le héros (à l'image d'une grande partie du public visé) se crée toute une liste de préceptes cyniques à respecter pour se maintenir en vie dans ce monde cauchemardesque : avoir un bon cardio afin de tenir la distance contre les zombies sprinters, être sûr de tirer dans la tête pour éviter une fâcheuse surprise, ne pas jouer au héros, etc. Autant de réflexions que celui qui a vu un film d'horreur dans sa vie s'est faites ("Non, ne vous séparez pas !") et qui donneront lieu à de nombreux gags sanglants. Bien sûr, la liste se trouvera étoffée et modifiée au grès des évènements et des rencontres, symbole à la finesse d'un mort vivant de la psychologie des personnages en perpétuelle évolution. Mais soit, ceux ci sont assez délirants et dotés de répliques mémorables pour nous être charismatiques et sympathiques.
Et dans le genre, Woody Harrelson tient la vedette haut la main, son show ne sera interrompu que par le caméo surprise d'un acteur à la popularité monumentale (et dont nous tairons le nom afin d'éviter le spoiler). Cette incursion démente et brillante est probablement le guest starring le plus drôle qu'il nous est été donné de voir dans un film, sa sortie, un moment d'anthologie hilarante. A l'instar de cette visite, le film vise aussi un autre public "geek", celui des cinéphiles : qu'elles soit propre au genre (Romero,Snyder ou Boyle) ou au cinéma plus "classique" (All About Eve, For a Few Dollars More ou encore Delivrance), les références se bousculent souvent avec une certaine finesse et humour, inscrivant le film dans une culture populaire et contemporaine.
En résumé : Film de zombies au schéma classique, Zombieland fait pourtant preuve d'originalité par son humour cynique et sanglant, servis par des personnages charismatiques, bien que stéréotypés, et ses références fines et recherchées.
samedi 24 juillet 2010
M - Eine Stadt sucht einen Mörder : Predator.
Unique, il l'est du point de vue de la mise en scène. Avec M, Lang continue magistralement sur la voie de l'expressionnisme si populaire chez les cinéastes allemands de l'époque, consistant basiquement à modifier la réalité pour nous en donner une subjectivité particulière, expressive et bien souvent angoissante. Ainsi, lors de la première scène de M, où son modus operandi nous est présenté, il suffit d'une silhouette venant encadrer le terme "Mörder" pour que nous comprenons tout de suite de qui il s'agit. Puis l'ombre se déplace et le terme revient, explosant à notre regard. Ce n'est que lorsque nous verrons le meurtrier lui même, son corps et non plus son ombre, qu'il en deviendra moins inquiétant. Tel que dans le mouvement baroque, ce corps rappelle ici les failles, la faiblesse d'un homme qui se veut indomptable. Dans une scène d'approche d'une victime, M voit une petite fille dans un miroir, reflété par une vitre, liant le criminel et l'enfant pourtant séparés. C'est précisément à ce moment, le regard exorbité, agressé par des poignards, hypnotisé par une spirale, dirigé par une flèche lancinante, que nous comprenons que l'homme ne peut rien faire contre ses démons, ses fantasmes. La fuite étant impossible malgré ses efforts, M retourne à cet état de prédateur, accompagné par ce leitmotiv entêtant, une figure de style inventée par Lang pour le film.
Mais Lang ne s'arrête pas à ce symbolisme limité au récit.
En 1931, l'Allemagne est déjà marquée par la montée d'un mouvement tristement célèbre : le Parti national-socialiste des travailleurs allemand ou parti Nazi et Lang le dénonce ici tout en finesse, symbolisé, entre autres, par le personnage de Schranker, le chef de la pègre. Que ce soit son attitude (le pouvoir et la poigne), son allure générale (costume et démarche) ou ses actes (le procès prophétique contre un malade mental), tout y fait penser. Sans parler du titre tout d'abord envisagé (Mörder unter uns - Les Assassins parmi nous) refusé, car dérangeant.
M est donc un film à mettre en relation avec son époque, dont la trame est parfois un prétexte à une description détaillée de cette période sombre : lorsque le cinéaste filme les bas quartiers, l'organisation de la pègre et des mendiants, en particulier le cours "bis" du pain, ou encore le travail d'une mère ouvrière, c'est ainsi moins pour faire avancer le récit que pour décrire la misère de la basse population après la grave crise économique de 1929.
Enfin, le savoir faire de Lang pour le découpage, le montage et les mouvements de caméra trouve ici une parfaite illustration. Le réalisateur se plait a réaliser plusieurs séquences magnifiques, comme un "faux" plan séquence, puisqu'il s'agit en réalité de coller plusieurs plans courts bout à bout (cf. la bourse aux tartines), composé de panoramas et de travelings avant ou arrière, de plans illustratifs (nous voyons les lieux cités en voix off) ou encore des montages parallèles entre chef de la police et chef de la pègre, réfléchissant à une méthode pour retrouver M. Le film est truffé de ces scènes illustres qui seront reprises par la suite (comment ne pas penser aux Griffes de la Nuit lors de la scène d'introduction ?).
D'un point de vue totalement narratif et récréatif, M est un film maitrisé, totalement original (la marque du M, la traque par les mendiants...) et digne des plus grands thrillers, où tout s'emboite, rien n'est laissé au hasard, jusqu'au grand final, où Peter Lorre fait preuve d'une justesse et d'un talent incroyables dans ce rôle de tueur malgré lui, incapable de limiter ses pulsions. Louons aussi Thea Von Harbou, malgré ses décisions malheureuses par la suite, qui a écrit probablement la plus belle scène du film, montrant en 1931 le tueur pédophile (clairement sous entendu) pour ce qu'il est : un simple être humain.
mercredi 19 mai 2010
Valse avec Bachir : Souvenir, souvenir.
Comment peut on oublier un massacre ? C'est la question que se pose Ari Folman lorsqu'on lui demande ce dont il se souvient de la fin de la guerre du Liban, et plus précisément de l'épisode sanglant qui a eut lieu dans les camps de Sabra et Chatila en 1982. Au fil des rencontres et des interviews, il parviendra à retracer son parcours qu'il met en scène dans ce "documentaire d'animation".
Rares sont les longs métrages d'animation traitant d'un sujet un tant soit peu "sérieux", les plus emblématiques étant peut être Le Tombeau des lucioles, chef d'oeuvre d'Isao Takahata sorti en 1982, et, plus récemment, le très beau Persepolis de Marjanne Satrapi et Vincent Paronnaud (2006). Il est donc étonnant de voir un sujet aussi sombre et complexe que la Guerre du Liban être traitée par animation. En effet, le film de Folman tire tellement sur le documentaire (présentation des intervenants, témoignages sur fond neutre, travail d'enquête et de documentation) qu'il est naturel de se demander pourquoi ne pas en avoir jouer la carte "à fond". Au delà de l'évidence du choix pratique comme la mise en scène (les passages présent/passé, les passages imaginaires, la lourdeur d'une équipe technique) ou l'esthétique (le floutage - cf "l'interdiction" de photo d'un des protagonistes - aurait fait mauvais genre), les intentions du réalisateur semblent se pencher sur un choix éthique.
En effet, l'éthique (de la guerre ou du témoignage, c'est à dire son objectivité) semble traverser l'oeuvre. Comment sur un sujet qui, près de trente ans après, est toujours plus ou moins sensible pouvons nous, spectateurs et surtout occidentaux coupés du véritable conflit, croire un ancien soldat converti au 7eme art ? C'est là qu'est le génie de Folman. Il nous demande jamais de croire, il expose. Il expose les faits comme il les a lui vécu, comme l'ont vécu ses frères d'arme, comme l'a vécu un présentateur TV ou un soldat qui lui est parfaitement inconnu. Des témoignages donc et non la vérité, seulement les faits derrière le voile de la subjectivité.
Le choix de l'animation et le recul que l'on prend par rapport aux images (le choix d'une animation bien que très belle mais aussi très spéciale et un peu hermétique n'y est pas pour rien) dans ce cas précis sont à mettre en corrélation avec de nombreuses récurrences sur la mémoire et sa falsification. L'ami psychiatre ne prend il pas le temps d'expliquer l'expérience de la photo faussée ? Le narrateur, loin d'être omniscient, n'invente-il pas lui même un fait, cette sortie de la mer "now apocalyptique" ? Même d'infimes détails sur la perception sont mises à l'oeuvre pour nous pousser vers cette voie : la vision altérée à travers le judas, les doubles tremblant des chiens dans les flaques, l'apparition d'une fête foraine d'on ne sait où derrière Folman pendant l'anecdote psychanalytique...
Reste un film de guerre remarquable où les scènes de complète introspection et celle d'action pure s'entrechoquent au rythme d'une B.O. mêlant rock 80s, reprise à la sauce No Future, et de musique plus classique. Ce témoignage, certes à prendre avec des pincettes, offre à travers la petite histoire un brossage efficace de la grande, de la peur des uns et de la souffrance des autres, de la compassion de plusieurs et de la barbarie de beaucoup d'autres.
En résumé : Ari Folman signe avec Valse avec Bachir une oeuvre profonde sur un épisode tragique de la guerre du Liban tout en mettant en garde sur la subjectivité d'un tel témoignage, à l'aide d'une animation soignée.
jeudi 13 mai 2010
Robin Hood : parcours fléché.
Spécialisé dans la fresque historique (Kingdom of Heaven), Ridley Scott s'est donc lancé le paris de nous offrir un chevalier, certes, mais un tant soit peu réaliste pour le contexte historique : bourru, sale, mal rasé et sentant la transpiration. Bref, retour à la méthode utilisée sur Gladiator qui a revisité le genre (plus que) vieillissant du péplum.
Russel Crowe incarne donc ce certain Robin Longstride, bon à rien, à part pour la guerre, mais honnête (les jeux d'argent qu'il organise ne sont pas truqués), patriote mais quelque peu insubordonné (il se permet presque de faire la morale à Richard I), désertant finalement (en même temps, il était au pilori) de la route retour des Croisades, en compagnie de ses fidèles amis à la mort de Richard. Il devra déjouer une invasion des Français (cocorico, hum) et mener ses compatriotes à se révolter contre le nouveau roi, Jean d'Angleterre, les épuisants à coups d'impôts.
L'idée d'un préquel, d'un Robin avant les Bois (cf l'annonce finale à la Dark Knight), d'un homme du peuple avant toute chose, d'un leader né est excellente. Elle permet de différencier le véritable Robin (le film de Scott) de la légende (tous les autres), et de connaitre son ascension, chose qui n'était pas vraiment le cas dans les précédentes adaptations (Robin rentre des Croisades et n'est pas content). Cependant, son parcours n'est malgré tout que peu intéressante. Scott ne met jamais son personnage en véritable péril, jamais Robin ne se remet en question et donc celui-ci n'évoluera que très peu (voire pas du tout). Il est juste et bon mais il n'est que cela. Il découvrira son potentiel qu'avec la révélation du paternel, dont découlera la morale insipide et mainte fois revue "un dirigeant doit savoir écouter et prendre soin de ses citoyens".
Au risque de perdre une partie des spectateurs en manque d'action, Scott décide de s'attarder autant sur la facette politique de l'époque (le complot), sociologique (la misère des paysans anglais) que sur le côté épique des combats. Même si l'intention est louable et si certains passages sont très réussis, Scott semble s'y perdre un peu, comme si c'était trop à faire en peu de temps, ce qui a pour effet direct d'alourdir le récit. Les séquences de batailles, quelques peu faiblardes et tombant dans la facilité et dans le cliché (la jeune femme à la rescousse, les ralentis, les flèches à la 300), sont alors comme une bouffée d'air venant aérer le scénario aux bons moments. Si Ridley Scott manque un peu d'inspiration dans sa réalisation (certaines scènes en montrent les soubresauts, à l'instar des sublimes scènes de forêt), il lui en manque aussi dans la direction d'acteurs : Russel Crowe peine étonnement beaucoup à avoir un semblant de charisme, surtout pour un meneur d'hommes, alors qu'Oscar Isaac devient très vite insupportable dans le rôle du grand gosse de prince. C'est surement l'effet voulu mais toujours est il que le rôle du grand méchant semble parfois vacant. Et ce n'est pas les seconds rôles (Petit Jean, Will, Tuck ou encore Marshal), faisant office de tapisserie, qui parviendraient à les mettre en valeur. Seuls la rayonnante Cate Blanchett et le respectable Max Von Sydow parviennent à tirer leurs épingles du jeu.
L'utilisation de la musique de Marc Streitenfeld, qui, à l'exception de la musique de taverne, n'est pas très transcendante, et surtout des chants grégoriens aux moments tristes est juste agaçante alors que les décors et les costumes, dont l'importance est capitale pour un film d'époque, sont superbes et magnifiquement mis en valeur.
samedi 10 avril 2010
La Nuit du Chasseur : Il était une fois...
Afin de subvenir aux besoins de sa famille, un certain Ben Harper dévalise une banque et tue deux hommes pour s'échapper. Avant d'être arrêté, il confie à ses enfants l'endroit où il a caché les 10 000$ dérobés.C'est en prison qu'il rencontre le révérend Harry Powell, un prêcheur fanatique qui découvre l'affaire. A sa libération, il fera tout pour retrouver le butin, quitte à menacer les deux enfants.
Unique film réalisé par l'acteur britannique Charles Laughton, La Nuit du Chasseur est une vraie merveille à la gloire des contes pour enfants. Reprenant le bon vieux manichéisme qui faisait le bonheur de notre jeunesse, Laughton met en scène une sorte de grand méchant loup revisité (terrifiant et hypnotisant Robert Mitchum) à la poursuite de deux pauvres petits orphelins, dans un univers où chaque ombre nous apparait sorti tout droit d'un cauchemar.
Adapté du roman de David Grubb, le scénario prend aux tripes et regorge de rebondissements grâce auxquels les spectateurs se prennent vite d'affection pour les deux enfants, les accompagnant dans leur fuite et craignant l'avancée dangereuse du pasteur. L'interprétation exemplaire y est pour beaucoup, en particulier celle du géant Mitchum, bien sûr, mais aussi la rassurante Lilian Gish, ancienne star du muet, et la désemparée Shelley Winters. Celle des enfants, loin d'être parfaite, donne cependant un cachet supplémentaire au film.
La réalisation abonde de trouvailles, surtout pour un premier film. La qualité des décors et des créations visuelles (à voir la magnifique scène de la fuite en bateau) est un brillant et surprenant hommage, d'autant plus que nous sommes ici à Hollywood en 1955, au cinéma expressionniste allemand des années 1920, magnifié par Fritz Lang (M le Maudit) ou encore Friedrich Murnau (Nosferatu). La réalisation de Laughton, qui peut parfois être d'une sobriété éclatante, fige presque certaines séquences (dans les chambres, par exemple) comme une illustration démoniaque de la fable, aidé par la photographie splendide de Stanley Cortez. Le réalisateur s'essaye aussi à des genres différents tels que le western (la marche du pasteur) ou le film noir, avec une maitrise identique.
Le travail de Walter Schumann sur la musique donne une pesanteur particulière à cette ambiance et même les chansons intégrées, une habitude de l'époque, sonnent terriblement à nos oreilles, à l'instar de cet échange musical et religieux entre la nourrice ayant recueilli les enfants et le prêcheur.
L'une des nombreuses autres qualités du film appartient étonnamment au champ de la satire. Ainsi, le film ne nous montre pas n'importe quel "méchant" mais effectivement un machiavélique homme de foi jouant de son image soit disant immaculée pour épouser une veuve, et ce avec le consentement enthousiaste de toute la communauté de fidèles du village. Ce sont ces mêmes fidèles qui, certes sous l'impulsion du malin, vont devenir de plus en plus fanatiques au point que leurs messes dominicales ressembleront plus a des réunions sectaires qu'à l'église bienheureuse de La Petite Maison dans la Prairie. La critique de la sexualité des prêtres est aussi l'un des moteurs de l'histoire puisqu'elle accompagne indéniablement la montée de violence (refoulement et frustration par peur du "pêché") du pasteur envers sa femme, la résignation de celle ci et sa fuite dans la religion même, laissant champ libre à son mari. Le manichéisme, déjà bien entamée par la mort du père pour sa famille, semble alors remis en question. Peut être est-ce là aussi l'une des raisons du flop commercial du film, le spectateur lambda n'aimant pas trop que l'on touche à sa brave communauté.
Notons enfin tout le travail de Laughton sur la dichotomie sur le fond et la forme avec, entre autres, le monde des enfants et celui des adultes, le bien et le mal, le jour et la nuit, la nature et la ville, le travail en studio et en extérieur, le noir et blanc, renforçant cet esprit dualiste cher aux contes.
En résumé : Signant son unique film, Charles Laughton met en scène dans un univers de cauchemar un Robert Mitchum diablement envoutant, travaillant sur un manichéisme de façade (cachant une critique sévère de la religion et de ses pièges) et un expressionnisme digne du cinéma expressionniste allemand des années 20. Au final, La Nuit du Chasseur est un véritable chef d'oeuvre, hommage aux contes de notre enfanceReverend Harry Powell (Robert Mitchum)
samedi 27 mars 2010
Alice au Pays des Merveilles : Tim in Disneyland.
Les derniers films du grand Tim Burton avaient laissé planer le doute. En effet, depuis Big Fish en 2003, le réalisateur semblait s'être détaché de son univers sombrement et délicieusement gothique (Sleepy Hollow) pour un monde plus féerique et enfantin mais ne faisant pas l'unanimité, à l'instar de son adaptation de Charlie et la Chocolaterie. Cependant, la sortie de sa comédie musicale sanglante Sweeney Todd avait remis les comptes à zéro, et peu de monde pouvait prétendre quel direction avait pris le cinéaste pour son prochain film : une adaptation libre d'Alice au Pays des Merveilles et sa suite par Lewis Caroll, qui, sous ses façades de contes gentillets, cache une véritable malaise, destinant le livre aussi bien aux adultes qu'aux enfants.
mercredi 10 mars 2010
Vilaine : l'Effroyable Destin de Mélanie Lupin.
mardi 2 mars 2010
Shutter Island : une histoire de fous.
dimanche 21 février 2010
Avatar
Après Titanic et comme cela était mentionné dans la bande annonce, James Cameron nous promettait donc, d'ores et déjà, un nouveau chef d'oeuvre (si nous pouvons qualifier Titanic de chef d'oeuvre, bien sûr). Aussi, il y a quelques temps, Avatar sortait en salle, provoquant un vaste engouement de la part du public dans le monde entier pour cette histoire que le réalisateur/scénariste aurait, soi disant, mis des dizaines d'année à écrire :mardi 16 février 2010
"Vous pouvez aussi m'appelez Altesse, si vous êtes attaché aux titres"

lundi 15 février 2010
A Serious Man : Why so serious ?
Le cinéma des frères Coen des années 2000 est marqué par un bilan mitigé, à l'instar de leurs trois derniers films : un film commercial et/ou raté (Ladykillers, 2004), un chef d'oeuvre (No Country for Old Men, 2007 - 2 Golden Globes, 4 Oscars) et un film divisant les fans et la presse (Burn After Reading, 2008). C'est donc peu dire que ce Serious Man était attendu au tournant.
lundi 18 janvier 2010
Incassable : inclassable.
Elijah Price (Samuel L. Jackson)
dimanche 6 décembre 2009
Yuki et Nina : promenons-nous dans les bois...
Hippolyte Girardot cosigne ici son premier long métrage avec le réalisateur japonais Nobuhiro Suwa, déjà remarqué pour ses films tels que M/Other, H story ou encore Un Couple parfait (déjà en partenariat avec la France). Yuki et Nina a tout du téléfilm de France 3 suivi par les ménagères (ne m'obligez pas à citer L'Instit...) : un drame familial tout ce qui a de plus banal, le film centré sur les enfants, etc. Mais voila contrairement aux téléfilms sus-mentionnés, le film touche à la vérité (et à la perfection, soit dit en passant comme ça vous savez à quoi vous attendre).
En choisissant de faire jouer deux enfants non professionnels ("Pas comme ces singes savants américains, redoublés par des femmes adultes essayant tant bien que mal de les imiter, ce qui est vraiment ridicule...", dixit Girardot à l'avant première à Lille du 4 décembre 2009), les cinéastes prennent le pari soit de se planter, soit de faire du film une œuvre intense, dense et, par dessus tout, crédible. Et... (suspens) pari tenu. La petite Noë Sampy n'essaye donc pas d'être une enfant réservée, traumatisée par le divorce de ses parents mais ne le montrant pas, elle l'incarne avec une fragilité et un caractère propres aux "vrais" enfants. De même, la petite Arielle Moutel, autre pendant de cette enfance si proche et en même temps si lointaine, apparait aussi autoritaire que touchante. Les deux actrices adultes, Marilyne Canto et Tsuyu Shimizu (amatrice), sont exceptionnelles dans leurs rôles de mères désarmées face à l'incompréhension de leurs filles.
Bien qu'il soit loin d'être ennuyeux, le film suit un rythme assez lent, idée renforcée par des plans séquences d'une beauté extrême (Tsuyu Shimizu se mettant réellement à pleurer lors d'une scène et s'excuse non pas auprès de sa fille mais des réalisateurs) où le spectateur expérimente le temps qui passe, temps qui est l'ennemi de l'amour et de l'amitié, ce que comprendra la jeune Yuki.
Jamais de tout le film les cinéastes sombrent dans le danger, ô combien tentant, du misérabilisme et la sur-accumulation dramatique.
La deuxième partie du film est marquée par une ambiance merveilleuse de contes où les deux jeunes filles s'enferment dans leur monde empli de débats sur les loups-garou et de cochons dans le ciel. Épisode d'une beauté infime et d'une liberté absolue, tant dans la forme, dans le jeu ou dans le scénario. Aussi, le film tire sur le fantastique lors d'une ballade de Yuki qui se mêle à son imagination et rappelant les grandes aventures de notre enfance faits de précipices/trottoirs et de lacs de lave/passages piétons. En outre, cette ambiance mêlée à une thématique très japonaise (la forêt semble réellement posséder une âme à travers la caméra des cinéastes, par un jeu de lumière par exemple) n'est pas sans rappeler les films de Hayao Miyazaki (Le Voyage de Chihiro, Mon Voisin Totoro...).
La fin du film verra la réconciliation de la mère et de la fille, lorsqu'enfin cette première se souviendra de l'enfant qu'elle a été et qu'elle a vécu les mêmes tourments que sa fille.
Frédéric (Hippolyte Girardot)
mardi 1 décembre 2009
Se7en : sept journées en Enfer.
En résumé : Un scénario surprenant mis en scène par un David Fincher sombre et pervers et interprété par un trio d'acteurs exceptionel.
- Willliam Sommerset (Morgan Freeman)
*S.M.*
vendredi 27 novembre 2009
Kahloucha VHS: made in Tunisia
Dans un quartier populaire reculé de la ville touristique de Sousse en Tunisie, un peintre en batiment fait rêver les jeunes ainsi que les vieux. Moncef Kahloucha a la quarantaine et depuis son enfance il reve de travailler dans le cinéma. Alors comme le cinéma n'est pas venu à lui, c'est lui qui est allé à sa rencontre.Ainsi,Les week end et les jours fériés un vrai tohu-bohu anime la cité. Au rythme des tournages de Kahloucha on se sent revenir à l'enfance.Lorsque la vie n'était qu'aventure tous les jours...
Moncef Kahloucha dans "Tarazane el arab" (le tarzan des arabes)
Et quoi de plus beau que, accoudé dans un café, une chicha dans la bouche, assister à tout ce vacarme en sachant qu'on ne risque rien? Une bagarre par ci (avec du vrai sang!), une explosion par là, un incendie, une noyade, un meurtre et revoilà Moncef qui repasse l'air de rien sur son vélo se dirigeant vers le souk. Un souk tout ce qu'il y a de plus normal un dimanche matin en Tunisie. Il faut trouver le décor pour un salon. Une vieille télévision fera l'affaire. Il s'agira de bien la détruire dans la scène finale car Moncef Kahloucha n'a le droit qu'à une seule prise de vue (la télévision ne pouvant se casser qu'une seule fois). En effet Kahloucha se révèle être un homme très minutieux. Chez lui, comme pour chez tous les grands réalisateurs, les détails ont leur importance jusqu'au controle anti piratage qu'il met en place.Mais malgrè toutes ces précautions, au plus grand bonheur des petits et des grands, Moncef Kahloucha demeure un homme maladroit. Ainsi il manque de noyer une de ses actrices lors de prises de vue, il se met certains acteurs à dos en oubliant de mentionner leur présence dans son film...
Au delà de son documentaire sur cet homme c'est avec un grand talent que Néjib Belkadhi (réalisateur du documentaire kahloucha) peint un tableau d'une certaine société tunisienne. Ce quartier aux petites ruelles, sales, pourtant situé dans la plus grande ville touristique tunisienne, entourée de casinos et d'hotels à gogo, est connu pour sa misère. Là bas, déchirés entre tradition et modernité, les femmes sont encore obligée par leur mari de porter le voile, tout en espèrement secrètement jouer dans le film du réalisateur producteur et acteur. La jeunesse voulant imiter le mode de vie occidentale finit mal. Quand elle n'est pas saoule, elle se fait attraper par la police. Chacun espère s'en sortir et pour les plus chanceux la clandestinité en italie est le seul refuge.Ainsi Moncef Kahloucha incarne le reve ou la folie d'une société écrasée par la mondialisation.Une société qui a encore envie de rire et l'instant d'un "film" rêver.
Un film documentaire centr pour cent tunisien à voir et qui annonce qu'une nouvelle ère est arrivée en tunisie en matière de réalisation cinématographique...
A.B.A.
2012.
"Ouais"
Et donc, me voilà, moi, étudiante en cinéma, essayant de me dissimuler dans le noir de la salle pour qu'aucun camarades de classe ne me voit, devant ce "fameux" film Hollywoodien.
Mais bon, j ai une bonne excuse.
Tout le monde en parlait autours de moi, il fallait absolument que j'y aille, ne serait ce que pour être pour une fois à la mode.
Et puis, ça a commencé.
Et puis, ça a fini. Un vrai soulagement.
Chouette apocalypse, des héros qui font rêver, des gens sympa prêt à mourir dans la bonne humeur ...


2012 ou bienvenue dans le coeur de la machine Hollywoodienne en 2009.
Prenez un Roland Emerich en manque d'inspiration et prêt à réécrire le scénario du jour d'après, en rajoutant quelques milliers de dollars en plus pour les effets spéciaux.
Rajoutez-y une pincée de peur ou d'exaltation (cela dépend des individus)
et surtout n'oubliez pas, votre calendrier Maya.
Mélangez le tout au milieu d'une terre prête à exploser, imploser, et vous obtiendrez, le nouveau navet à la mode.
C'est l'histoire d'un père de famille, incarné par John Cusack qui apprend que l'apocalypse est proche et qui décide d'aller sauver son ex femme,le nouveau mari et ses deux enfants. Alors que la terre se fond en deux derrière lui, il a le temps de garer sa voiture, chercher sa "famille"et repartir.
Un petit avion les attend, le beau père a pris deux cours de pilotage dans sa vie. Il fera l'affaire. Et le voilà navigant dans les airs, évitant des tours qui tombent en miette en dirigeant son avion encore mieux que les meilleurs pilotes de l'air du monde.
Pendant que le monde suit son apocalypse, lentement mais surement, les aventures se poursuivent pour la courageuse famille.
Plus tard, les voilà dans un avion de ligne, direction la chine car des "navettes" ont été construite la bas afin de sauver les élites des pays.
Et puis, les choses suivant leur cours, le beau père devient un peu encombrant. Pas grave, on saura pleurer sa mort mais tout sera très vite oublié.
La famille est complète, réunie, l'apocalypse a eu lieu.
On est vivant et heureux de l'être.
L'an 1 peut alors commencer.
Et on a envie de rire. Ou de pleurer.
Je comprends pas pourquoi c est le cinéma Français qui est en danger. Pourquoi je fais des études. Et à quoi ça me servirait de devenir scénaristes.
Y a comme un malaise. Plus de passion dans les écrits scénaristiques. On ne sait plus écrire de dialogue convenable. On pompe ici et là, des phrases déjà vu ailleurs. Ce genre de phrase :
"Our challenge, which is also a tremendous opportunity, is to open up to a literally life-changing way of thinking ourselves into existence."
Et pourtant à la sortie, une fille a dit :"C est fou ce que ce film peut ressortir des émotions inconnues"
Sommes nous arrivés à ce point là de naiveté?
Je sais pas ce que vous en pensez mais comme on dit sur facebook "J'aime pas"



















